Conseils de lecture

Baba Yaga a pondu un œuf

Dubravka Ugrešic

Christian Bourgois

23,50
par (Libraire)
7 mai 2021

Il ne serait pas un peu magique ce bouquin ?!

Au premier abord elles passent inaperçues. Des ombres à la lisière de nos vies, parce qu'on les imagine déjà au royaume des morts. Au départ elles passent inaperçues, fripées, rabougries, perclues de douleurs, enlisées dans leurs éternelles complaintes. Dubravka Ugrešić, elle, décide de leur tisser un somptueux et désopilant hommage littéraire, à la mesure de leur sagesse et de leur grain de folie.
Mais de qui parle-t-on ? On parle de vieilles, mégères ou harpies, croqueuses d'hommes et mangeuses d'enfants, veuves agaçantes et grand-mères attendrichiantes. Dans ce roman polymorphe, cette autrice en exil raconte le grand âge au féminin, retricote et dépoussière le mythe slave de Baba-Yaga. Elle met en scène avec brio un trio de vieilles sorcières en goguette dans un hôtel de luxe, et sa plume incisive dit la tendresse et l'amour qu'on doit porter à ses chères âmes mal-aimées, et à qui l'on doit tant.
Drôle, touchant, fin, poétique, surprenant, féministe, érudit, hilarant, foisonnant et subtil...


Bienvenue à Meurtreville

André MAROIS

Le Mot et le reste

15,00
par (Libraire)
29 avril 2021

Une rasade d'humour noir à la sauce québécoise !

Mandeville, petit village sans histoires au fin fond du Québec... Et c'est bien ça, le hic : que le village soit sans histoires ! Car les touristes ne viennent plus, et les commerçants locaux commencent à se faire du souci pour leurs affaires. Jusqu'au jour où l'on découvre un petit délinquant... assassiné ! D'un coup, le village se retrouve sous le feu des projecteurs. Voilà qui fait les affaires des commerçants au bord de la faillite ! À tel point que l'un des habitants se dit qu'il ne faudrait pas que toute cette histoire retombe comme un soufflé. Soyons pragmatiques, pense-t-il : ce qu'il faut à Mandeville pour continuer d'attirer les curieux, eh bien c'est plus de crimes ! "Bienvenue à Meurtreville" est une petite pépite d'humour noir, une parodie de polar ni très morale, ni franchement politiquement correcte – et c'est justement ça, qui est jubilatoire ! Et puis le second degré, ça n'a jamais tué personne, pas vrai ?


Les Fossoyeuses
19,00
par (Libraire)
23 avril 2021

Un tour de force !

Un charnier, vous en conviendrez, c'est moyennement vendeur. Mais c'est pourtant là que réside le tour de force de Taina Tervonen. Dix ans durant, cette journaliste va suivre le travail herculéen de Senem, anthropologue judiciaire et Darija, enquêtrice. En Bosnie-Herzégovine, pays hanté par les guerres des Balkans, l'une est chargée de chapeauter les fouilles et d'identifier les ossements humains retrouvés dans des charniers, tandis que l'autre, responsable des vivants, se rend dans les familles des disparus prélever leur ADN et consigner leurs histoires.
"De ce qui se passe au moment où la terre s’ouvre pour laisser remonter le passé, je ne savais rien". Et nous non plus. Alors on découvre avec elle. "Un charnier ce n'est pas une idée. Un charnier c'est du boulot." C'est une équipe d'archéologues, une valse de légistes, un tourbillon de parents endeuillés, des litrons de café et des kilos de bonne volonté et d'ingéniosité pour palier le cruel manque d'investissement public. Le tour de force, donc, le voilà : nous ouvrir les yeux avec sensibilité et sans sinistrose aucune sur le caractère concret et puissamment humain d'une réalité qui nous rebute - celle des massacres de masse, et de ce qu'il se passe quand la guerre laisse ressurgir ses traces à la surface de la terre. Faites-nous confiance, attrapez la main tendue de cette journaliste qui nous guide avec rythme et finesse sur le chemin de la paix.


Les collectionneurs d'images
21,00
par (Libraire)
16 avril 2021

Foisonnant, ambitieux, passionnant !

En littérature, certains territoires sont absents, pour ne pas dire complètement oubliés. Les îles Féroé, par exemple. Alors quel bonheur, quand une excellente maison d'édition comme La Peuplade décide de s'intéresser à un roman écrit en féroïen par un Féroïen ! D'un seul coup, c'est tout votre horizon qui s'élargit. D'autant qu'ici, vous avez affaire à un joli pavé, qui vous laisse le temps de vous imprégner de l'ambiance.
"Les Collectionneurs d'images" raconte le destin de six garçons nés aux Féroé en 1952. Leur point commun, c'est leurs lieu et date de naissance, ainsi que l'école qu'ils ont fréquentée. À la récréation, ils s'échangent les fameuses images qui donnent son titre au roman. Mais sinon, leurs origines sociales, leurs aspirations, et tout simplement les hasards de la vie, rendent leurs trajectoires très variées. L'un meurt très tôt d'une méningite, l'autre s'embarque sur un bateau de pêche, un troisième devient expert-comptable. Certains se marient, d'autres non, tandis que l'un d'eux peine à faire accepter son homosexualité. Ces six portraits entrecroisés permettent à l'auteur de témoigner de l'évolution du quotidien des Féroïens, eux qui sont souvent tentés d'aller refaire leur vie hors de l'archipel, par exemple au Danemark.
Évidemment, avec une telle saga – foisonnante, ambitieuse, passionnante –, les rebondissements sont si nombreux qu'il serait illusoire d'en résumer l'intrigue. Alors si vous soirées sont longues et vos envies d'évasion impérieuses, n'hésitez pas !


Comme des bêtes
14,00
par (Libraire)
9 avril 2021

Petite pépite

Tout commence en pleine nature. Une petite fille rit aux éclats, nue dans la montagne, accompagnée d'un âne qui semble partager sa joie. Un randonneur les surprend, et prévient la police.
"Comme des bêtes" est un court roman choral. Les témoignages, les suspicions, les interprétations et autres vieilles croyances des habitants de la vallée se succèdent. Qui est cette enfant ? Comment est-elle arrivée là ? Est-ce l'Ours, ce grand gaillard bizarre qui vit reclus avec sa mère qui l'aurait enlevée... ou pire ?
Ce livre est une petite pépite qu'on engloutit, avec inquiétude et surprise. Ce genre de fable qui accompagne longuement nos pensées, nourrit notre réflexion, et dont la poésie imprègne durablement notre esprit.