Conseils de lecture

17,00
Conseillé par (Libraire)
11 janvier 2023

De quoi se faire chauffer du thé sur le nombril !! 😂

Ce matin, en me réveillant, j'avais une faim à manger un cheval entre deux matelas, comme dirait ma tante californienne. Mais je n'ai pas voulu aller à la boulangerie, car il faisait un froid à geler les pets, comme dirait mon ami écossais. Mais sans pain, pas de tartines : autant faire un nœud à une goutte d'eau, comme dirait ma voisine brésilienne. Quant à faire mon pain moi-même ?... Quand les cochons voleront ! comme dirait mon cousin anglais.
Ma garagiste japonaise vous demanderait si ces #expressions vous ont fait chauffer du thé sur le nombril. Comment ? Vous ne savez pas ce que signifie celle-ci ? Vous vendez votre âne, comme dirait mon herboriste marocain ? Surtout, n'allez pas croire que j'ai des rats au grenier, comme dirait ma kiné danoise. Et pour ne pas commencer la maison par la cheminée, comme dirait mon grand-père espagnol, lisez donc le super album de Philippe Nessmann et Laura Lion. Avec des dessins évocateurs, pleins d'humour et fourmillant de détails, vous allez comprendre toutes ces expressions idiomatiques venues d'ailleurs... avec une jambe dans le dos, comme dirait ma belle-sœur portugaise !


20,00
Conseillé par (Libraire)
7 janvier 2023

Errance stambouliote

✨Ces derniers jours, je me suis réveillée avec Boratine. Ou plus exactement, en lui. Avec lui, me regardant dans le miroir, je me suis découvert jeune homme, belle gueule, le regard un peu vacillant. Chez lui, dans ce grand appartement empli de bibelots d'un autre temps, je me suis allongé(e), bercé(e) par la musique incessante des rues stambouliotes, à peine filtrée par les persiennes. Ensemble, Boratine et moi, nous avons exploré le vide et les confins de l'être, arpenté les rues de #Galatasaray à la nuit tombée et fixé, des heures durant, les fissures dans le mur blanc. Etaient-elles là hier ? Sont-elles plus tortueuses, plus saillantes, plus abyssales que les failles de notre esprit ?
✨Mon double des derniers jours, Boratine, est un héros #amnésique qui soliloque, oscillant de la 1ère à la 3ème personne du singulier, navigant du "je" au "il". Il faut l'excuser : le beau jeune homme se réveille tout juste d'une plongée suicidaire dans les eaux du #Bosphore, miraculeusement vivant mais amnésique. Qui est-il ? Pourquoi vouloir mourir quand on est jeune, brillant guitariste adoré des oiseaux de nuit, loué pour sa générosité et surtout entouré ?
«Vous m’avez demandé mon nom, et moi j’essayais de me souvenir pourquoi je désirais mourir. Pourquoi vouloir mourir ?»
✨Le postulat narratif de ce Labyrinthe est somme toute bien classique. Mais ne vous y trompez pas : cette errance intérieure est moins le récit d'une existence brisée qu'une réflexion sur l'#identité et l'être au monde.
Qu’est-ce qu’un homme sans aucun passé ? Au début du récit, il est assez réjouissant de lire cet homme qui s'observe exister, et qui entame sous nos yeux un dialogue de sourd avec son reflet dans le miroir. Sans boussole pour s'orienter dans le temps, notre Boratine se trouve bloqué dans le labyrinthe de son existence. Au lieu de paniquer, il flâne - et alors #Istanbul, la ville aux mille lumières devient la métaphore de ce dédale. Nous voilà embarqués au hasard de ses avenues, attablés à la terrasse du coin de la rue, accoudés à la rampe de ce pont qui majestueusement enjambe deux continents.
✨Comme Boratine que tous enjoignent à la #patience, la plongée en ce Labyrinthe mérite qu'on lui donne du temps. La prose de Sönmez nous guide au cœur d'une transe limpide, étonnamment tranquille, avec une simplicité qui touche au tréfonds de notre humanité. Tout l'art de l'écrivain est d'amener son lecteur à partager, à habiter cette #solitude essentielle, ontologique.
✨ En refermant ces variations philosophiques aux allures de bal(l)ade, on s'interroge. La mémoire serait-elle autre chose que l’illusion de la continuité de nos vies, une des variantes possibles de notre identité ? Je n'ai pas la réponse, mais un conseil ! Perdez-vous de plein gré dans ce Labyrinthe : laissez le vide de Boratine, gros d'incertitudes, envahir les méandres de vos pensées confinées...


Élise DESPREZ, Léopoldine DESPREZ

Transboréal

20,90
Conseillé par (Libraire)
6 janvier 2023

Chapeau bas pour ce voyage au féminin !

🐴 Il était une fois deux sœurs qui, depuis leur plus jeune âge, murmuraient à l'oreille des chevaux. Elles rêvaient de partir, un jour, chevaucher à travers l'immensité des steppes. Et c'est ce qu'elles firent. Tout juste trentenaires, elles quittèrent leur France natale, en direction du Kirghizistan, pour 122 jours d'aventure le nez au vent.
🐴 Le plus beau, dans tout ça, c'est que cette histoire, qui ressemble à s'y méprendre à un conte de fées, est en fait bien réelle !
🐴 Élise et Léopoldine Desprez racontent ainsi, dans un récit émouvant de sincérité, leur ambitieux périple. Les trois chevaux, elles les ont achetés sur place. Le chien, il les a suivies et protégées de son plein gré, adoptant cet équipage de manière tout à fait inopinée. Elles ont beau être des cavalières chevronnées, traverser ces vastes étendues désertes n'est pas une promenade de santé. S'égarer en chemin, perdre les chevaux, faire d'inquiétantes rencontres : autant de dangers possibles pour les jeunes femmes, dont la ténacité, le courage et le sang-froid forcent l'admiration.
🐴 La réussite de leur projet tient beaucoup à l'extraordinaire relation de confiance et d'écoute mutuelle qui se noue entre elles et leurs compagnons à quatre pattes. Sans oublier, bien sûr, les nomades bienveillants, bergers taciturnes et autres mamies rieuses, dont la générosité aura jalonné le périple des deux sœurs, comme autant de confirmations que la chance, souvent, sourit aux audacieux·ses – et leur donne accès aux yourtes les plus reculées !


20,00
Conseillé par (Libraire)
30 décembre 2022

Leçon de realpolitik à la sauce russe !

"Crois-moi, la seule chose que tu peux contrôler c'est ta façon d’interpréter les événements. Si tu pars de l'idée que ce ne sont pas les choses, mais le jugement que nous portons sur elles qui nous fait souffrir, alors tu peux aspirer à prendre le contrôle de ta vie. Sinon tu es condamné à tirer sur des mouches avec un canon."
🇷🇺 Alors certes, vous avez certainement déjà lu moultes critiques élogieuses, analyses dithyrambiques et retours de lecture hyper-laudatifs à propos de cet énigmatique Mage du Kremlin. Mais comment résister à la tentation de clore l'année 2022 sur un roman aussi magistral ?
🇷🇺 Confortablement installé autour d'un feu de cheminée, Vadim Baranov - appelons-le Vladislav Sourkov - livre sa vie et son œuvre à un illustre inconnu rencontré en ligne.
Véritable Machiavel en chapka, cet intellectuel d'avant-garde promulgué conseiller (discret) de Poutine raconte la realpolitik à la sauce russe. Du déclin de l'URSS à l'avènement du "Tsar" en passant par le dégel libéral Eltsine ; des enseignements du grand-père aristocrate reclus dans son isba au cynisme d'une idéologie de la violence au service d'un maître tout puissant, de coups de projecteurs médiatiques en meurtres au polonium, nous voici ballotés au gré d'une Histoire glaçante, implacable et cruellement véridique.
🇷🇺 Le parcours de Giuliano da Empoli laisse à penser qu'il maîtrise parfaitement son sujet : les antichambres du pouvoir. Mais ce que Le Mage du Kremlin révèle de ce conseiller politique italo-suisse, c'est son immense talent d'écrivain !


Chants d'outre-tombe

La Boîte à Bulles

28,00
Conseillé par (Libraire)
25 novembre 2022

Alexandrins et miniatures

🕌 Dans un décor digne des mille et une nuits, le poète Qaïs et sa cousine Leïli s'aiment. Mais l'intensité, la ferveur de ce souffle met à mal l'autorité paternelle : la sentence familiale est irrévocable, les amants jamais ne s'uniront. Qaïs devient "Majnoun", le fou d'amour, ermite errant dans le désert, roi du monde animal. Leïli, quant à elle, suit la voie seule pouvant la libérer de sa condition de femme.
🕌 L'adaptation de ce conte bédouin est un bijou. Le texte en alexandrin (une prouesse !) s'entrelace aux arabesques des miniatures, l'éclat de la poésie rivalise celui des couleurs. Face à tant de beauté, la tentation est grande d'arracher de pleines pages pour les faire encadrer...
🕌 Une adaptation somptueuse, féministe et audacieuse d'un conte universel, à glisser sous tous les 🎄!