Conseils de lecture

Eva DÉZULIER

Elyzad

20,50
par (Libraire)
24 juin 2022

Amour inconditionnel et grand bonheur (de lecture !)

Pile à cheval sur la frontière entre la France et l'Espagne, le hameau de Machado vit au rythme minuscule de ses habitants : un propriétaire irascible, un berger à l'âme simple, quatre vieilles excentriques, une coquette pleine d'angoisses et de manies. La nuit, furtivement, passent les silhouettes des clandestins espagnols qui fuient le franquisme. Mais d'Histoire et de politique il n'est nullement question dans ce
roman ciselé comme un bijou. Ici, c'est d'abord et avant tout d' amour dont il est question - sans que cela ne soit une "histoire d'amour", à proprement parler.
🌙 Tout commence avec l'arrestation d'un clandestin espagnol qui en secret se confie au berger Machado les plans d'une étonnante machine à aimer. Celle-ci devra être construite puis apportée au fils du clandestin, afin de lui assurer de ne jamais manquer d'amour, même en l'absence d'un père. Ce que l'inventeur n'avait pas anticipé, c'est le chaos que la machine fabuleuse provoquerait une fois fabriquée (et quelles pages d'anthologie que celles qui racontent le montage de cette mécanique magnifique !). Car tout le monde n'est peut-être pas prêt à recevoir un amour dispensé de manière aussi universelle et inconditionnelle...
🌙 D'une originalité folle, d'une poésie infinie, le roman d'Eva Dézulier nous fait le cadeau d'une galerie de personnages tantôt attachants, tantôt inquiétants dont les actes ne cessent de nous surprendre et d'illustrer des questions d'une profondeur quasi-métaphysique. Rien n'est prévisible jusqu'à la dernière page. Et c'est un vrai bonheur !


13,00
par (Libraire)
17 juin 2022

Course effrenée pour sauver une île !

🌊Marco est un jeune garçon presque comme les autres : il aime courir, discuter avec ses amis les oiseaux, faire de grandes découvertes et jouer de l'harmonica. Il n'aime pas l'école, en particulier les mathématiques, et il n'est pas très fort en vocabulaire non plus... Disons plutôt que ses inventions lexicales peuvent surprendre !
🪶Mais ce qui le différencie des autres enfants du monde c'est qu'il vit sur Holland Island au large de la côte Est des États-Unis. Le problème c'est que celle-ci, petit à petit grignotée par les eaux, est sur le point de disparaître. Alors Marco n'a qu'une idée en tête... sauver son île coûte que coûte !
🌊Encouragé par les insulaires, secondé par sa maîtresse d’école, c'est une véritable course contre la montre qui s’amorce et rien ne semble pouvoir l'arrêter.
🪶Ce garçon au verbe haut – et en couleurs! - nous offre une déclaration d'amour sincère à cette nature bouleversée, aujourd'hui menacée. A mi-chemin entre fiction et documentaire, cette histoire « presque vraie » s'inscrit dans la ligne éditoriale de la collection « Neuf, histoires naturelles » de l’École des loisirs : des romans d'aventure et d'écologie, qui abordent des thèmes actuels, parfois difficiles, avec humour et sans morosité !
🌊À dévorer à partir de 10 ans


13,90
par (Libraire)
10 juin 2022

Une déclaration d'amour à la montagne, tout en douceur

🏔 Des enfants qui rêvent de voir la mer, on en a raconté, on en a rencontré. Mais des enfants obnubilés par la montagne, les livres n'en montrent pas tant que ça : "C'est des rochers géants qui touchent le ciel !" Rien que pour ça, la petite Jana nous touche en plein cœur. On craque aussi pour sa bouille au sourire énorme, qui lui donne des airs de Meï (vous savez, la petite sœur dans Totoro, le dessin animé de Myazaki ?) Plus encore qu'avec ses parents, très discrets dans l'album, c'est avec sa chienne Billie que Jana partage son enthousiasme, livre d'images à l'appui. Et peu à peu monte l'impatience : quand la montagne pointera-t-elle enfin le bout de ses sommets ?
🏔 Car comme Zazie dans son métro parisien version Raymond Queneau, Jana joue de malchance. D'abord, il faut subir les bouchons pour quitter la ville et aller jusqu'à la montagne. Ensuite, Jana sera mal placée à l'arrière de la voiture pour distinguer, derrière les camions de l'autoroute, la ligne d'horizon toute crénelée. Et bien sûr, à l'arrivée, qui les accueille ? Le brouillard, bien entendu ! Au fil des pages, l'impatience communicative de Jana monte aussi en nous... jusqu'à la chute !
🏔 Cet album tout en tendresse laisse la part belle aux splendides aquarelles de David Wautier. Visages, architectures, paysages, nuages, intérieurs : chaque planche ouvre sur un nouvel environnement, très joliment croqué. Et pour mettre en mots cette histoire, l'auteur-illustrateur a su choisir quelques phrases toutes simples, très justes. De quoi éveiller des vocations de randonneurs·euses, dès l'âge de 3 ans !


22,00
par (Libraire)
3 juin 2022

Tombe la pluie, tombe les masques...

Écosse, plein été - et la pluie qui tombe, qui tombe sans discontinuer.
Pas un jour de répit, pas une embellie pour les six familles d'un village vacances, isolées à l'orée du #loch - même pas celui de Nessie, non.
🌧 La pluie, drue, tombe sur les cabanons qui ont mal vieilli, et c'est à travers les fenêtres que les résidents s'épient. Il y a là des Anglais et des Écossais, de jeunes couples, des petites familles, des ados désœuvrés, de nostalgiques retraités. Et puis ces étrangers, indifféremment qualifiés de Roumains, Bulgares, Ukrainiens ou Polonais - ceux tout au bout de l'allée, ceux qui savent s'amuser, ceux qui dérangent et dansent bruyamment à la nuit tombée... N'ont-ils aucun respect ? Qui se décidera enfin à leur dire quelque chose ?!
🌧 Le moins qu'on puisse dire, c'est que Sarah Moss sait camper des atmosphères. Alors que la tension monte, sourde et inexorable, le quotidien se nimbe d'une ombre inquiétante. Le déluge imprègne nos doigts, entête nos pensées, pèse sur notre conscience. Ce huis clos ouvert au quatre vents et fouetté par l'ondée, c'est le portrait sans concession d'une classe moyenne étranglée. Embarqué.e dans les pensées logorrhéiques des différents protagonistes, on navigue à vue entre intime et politique - on interroge le Brexit, la charge mentale, l'égalité des genres, la parentalité, les fins de mois difficiles, la sexualité, le climat, l'angoisse d'exister. Et pendant ce temps là, dans la forêt à l'insu de tou.te.s, la Nature suit son impitoyable cours...
🌧 D'une grande finesse psychologique, d'une impeccable maîtrise narrative, ce roman est de ceux qui nous happent, de ceux qui nous noient.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que Sarah Moss sait camper des atmosphères. Alors que la tension monte, sourde et inexorable, le quotidien se nimbe d'une ombre inquiétante. Le déluge imprègne nos doigts, entête nos pensées, pèse sur notre conscience. Ce huis clos ouvert au quatre vents et fouetté par l'ondée, c'est le portrait sans concession d'une classe moyenne étranglée. Embarqué dans les pensées logorrhéiques des différents protagonistes, on navigue à vue entre intime et politique - on interroge le Brexit, la charge mentale, l'égalité des genres, la parentalité, les fins de mois difficiles, la sexualité, le climat, l'angoisse d'exister. Et pendant ce temps là, dans la forêt à l'insu de tou.te.s, la Nature suit son impitoyable cours...
D'une grande finesse psychologique, d'une impeccable maîtrise narrative, ce roman est de ceux qui nous happent, qui nous noient.


19,00
par (Libraire)
27 mai 2022

Que feriez-vous, si vous découvriez un homonyme qui a fait les mêmes voyages que vous... il y a deux siècles ?!

🧑🧓 Ébahi, Guillaume Jan, né en 1973, découvre l'existence d'un certain Guillaume Jean, qui a vécu de 1824 à 1871. L'homonymie serait anecdotique si elle ne se doublait pas de coïncidences qui, comme toute coïncidence qui se respecte, s'avèrent délicieusement troublantes : même passion pour les Balkans, même appétence pour la cartographie, même insatiable bougeotte, même discrétion dans les milieux mondains. Bref, on aurait envie de dire que la pomme n'est pas tombée loin de l'arbre, ou que bon sang ne saurait mentir, ou encore que les chiens ne font pas des chats...
🧑🧓 Sauf que, sauf que : aussi loin qu'il ait pu remonter dans son arbre généalogique, Guillaume Jan (junior) n'a trouvé aucun lien familial avec Guillaume Jean (senior). Pas le moindre petit brin de cousinage ! En ayant placé sans le savoir ses pas dans ceux de son non-aïeul, Guillaume Jan ne pouvait que lui rendre hommage, avec un livre alerte et très plaisant à lire.