Nomadland

Jessica Bruder

J'ai Lu

  • par (Libraire)
    6 août 2021

    Un poignant reportage

    Jessica Bruder a suivi pendant près de trois années ceux que l'on appelle "les nouveaux nomades". Des travailleurs précaires nés de la crise des subprimes en 2008 et qui ont pris la route pour vivre à bord de leur van, camion, voire de leur voiture – et victimes toutes désignées de ceux qui veulent profiter d'une main-d’œuvre docile et bon marché comme les entreprises Amazon et Walmart (entre autres).
    Jessica Bruder nous livre des récits de parcours de vie de ces "travailleurs nomades" traversant l'Amérique pour de petits boulots exténuants, mal payés, dans des conditions dantesques pour des personnes souvent âgées de plus de 60 ans. Un récit plein d'humanité, poignant qui nous touche et nous interpelle !


  • 2 juillet 2021

    La journaliste Jessica Bruder a parcouru des milliers de kilomètres auprès des travailleurs itinérants, souvent âgés qui ont tout perdu lors de la crise de 2008. D'une plume aussi délicate que précise, elle décrit leur quotidien, leur espoir... Ce livre est la chronique d'une disparition : celles des classes moyennes pour qui le rêve américain a tourné au cauchemar.


  • 21 juin 2021

    Etats-Unis, retraite

    C’est après être allé voir l’excellent film de Chloé ZHAO, après avoir lu la bande-annonce précisant que le film était tiré d’un livre que je me suis procurée le-dit ouvrage.

    Ce n’est pas un roman, c’est le fruit de 3 ans de travail d’une journaliste : Jessica BRUDER qui s’est au départ interrogé sur le nombre croissant de camping-caristes ayant l’âge de la retraite.

    Si il en existe avec d’immenses maisons sur roues, c’est une réalité toute autre qu’elle nous donne à voir.

    Si vous avez vu le film, le livre ne raconte rien de plus. Vous n’avez pas vu le film ? Rendez-vous dans la salle de cinéma la plus proche.

    Toutefois, le livre entre plus dans les détails (pas de personnage principal Fern) qui suit pendant 3 ans Linda May, LaVonne, Silvianne et Bob Wells, entre autre.

    J’ai eu de la sympathie pour Linda May qui rêve d’une maison totalement construite par ses propres moyens en matériaux recyclés.

    Nous découvrons chacun par petites touches. Leur point commun : un jour, ils n’ont plus pu payer leurs dettes et leur maison.

    J’ai découvert le CamperForce organisé par Amaz*on de juillet à décembre pour aider lors des périodes de fêtes : les « sans adresse fixe » travaillent 10 heures par jour pour 9,50 dollars de l’heure. Le parking pour garer leur van leur est offert….

    J’ai été outrée des publicités de recrutement vantant le fun du travail et les rencontres entre amis : les travailleurs sont tellement fatigués après leurs 10 heures de travail qu’ils ne rêvent que de se coucher.

    Et les anti-inflammatoires sont en accès libre et gratuit dans les hangars….

    En refermant le livre, je me suis demandée où était le rêve américain.

    Quelques citations :

    En Amérique, les derniers endroits gratuits sont les parkings.

    Elle se répétait également un mantra appris aux réunions des Alcooliques anonymes : « Ne jamais renoncer avant que le miracle se produise. »

    Le discours est surréaliste, mais il n’a rien de surprenant. Après tout, le positivisme est un mécanisme d’adaptation purement américain, voire carrément un sport national. L’écrivain James Rorty l’avait déjà constaté au moment de la Grande Dépression.

    Pourquoi la sous-culture nomade est-elle majoritairement blanche ?

    Dans les toilettes (de Amaz*on) je découvre à l’intérieur de ma cabine un nuancier de couleurs allant du jaune pâle à un terrifiant rouge marron. La légende me propose d’identifier laquelle correspond le plus à celle de mon urine. Verdict : je ne bois pas assez d’eau.

    Elles disent aux nomades : « Votre voiture peut rester ici, mais pas vous. » La question de savoir si ces lois ne traduisent pas une dégradation des valeurs civiques dans ces villes a été largement ignorée.

    https://alexmotamots.fr/nomadland-jessica-bruder/


  • par (Libraire)
    13 juin 2021

    Souvent à l'origine d'un grand film, il y a un grand livre. Si celui de Chloé Zhao n'échappe pas à la règle c'est que cette toute jeune "oscarisée" a trouvé dans ce REMARQUABLE road book, de la non moins remarquable Jessica Bruder, toute la matière humaine, sociale et esthétique qui constitue son superbe long métrage. Pour découvrir l'envers cauchemardesque du rêve américain un seul conseil : lisez ce livre !


  • par (Libraire)
    9 mai 2021

    Linda a 69 ans et ce n'est pas une marginale,
    Ils sont des centaines, des milliers à vivre comme elle sur les routes. Allant d'un parking à l'autre... Dormant au cœur du désert ou sur le parking d'un supermarché. Et ils ont fait ce que les hommes et les femmes font depuis la nuit des temps : ils ont recréé une communauté de bric et de broc, solidaire, responsable, fière.
    Nomadland est plus qu'un livre : c'est une expérience !


  • par (Libraire)
    10 avril 2021

    Magnifique !

    Un excellent témoignage sur ces personnes qui quittent tout et prennent la route...


  • par (Libraire)
    21 décembre 2020

    Coup de cœur de la chouette

    Conséquence de la crise, une partie importante de la classe moyenne américaine doit sacrifier sa maison pour survivre. Ces nouveaux.elles "nomades" sont les proies idéales d'un système qui les a déjà broyé.e.s. A travers cette enquête, Jessica Bruder tire le signal d'alarme !


  • par (Libraire)
    30 novembre 2020

    Corvéable à merci

    "Si tu ne peux pas augmenter ton salaire toi-même, pourquoi ne pas supprimer ton plus gros poste de dépense ? Troquer tes quatre murs contre une maison roulante ?"

    La crise de 2008 a amené dans son cortège de faillites un nombre record de saisies immobilières chez des Américains appartenant à la classe moyenne blanche. N'ayant plus rien à perdre mais ne pouvant pas cesser de rêver à une vie meilleure, ces nomades (souvent très âgés) des temps modernes décident de prendre la route pour aller de jobs saisonniers en travail intérimaire divers.

    Jessica Bruder, journaliste et reporter, notamment au New York Times et enseignante à Columbia, a enquêté pendant plusieurs années auprès de ces damnés de la Grande Récession.
    Leur destin n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui des "Okies" de la Grande Dépression des années 30, magnifiquement peint par Steinbeck dans Les raisins de la colère et documenté par les photographies de Dorethea Lange.

    Gardiens de campings, caissiers de parcs d'attraction et surtout intérimaires pendant les rush de fin d'année dans les entrepôts du géant Amazon, ces "workampers" (contraction de campers et workers) ont su d'une condition subie faire une force en développant des aspirations et une sous-culture autonomes du reste de la société américaine.

    Le constat reste néanmoins terrible et nous interpelle sur les conséquences possibles d'une nouvelle crise économique sur les classes populaires et moyennes occidentales.

    Martin

    "Quelles autres mutations - ou contorsions - du tissu social apparaîtront dans les années à venir ? Combien d'individus seront broyés par le système, et combien trouveront le moyen d'y échapper ?"