Saint-Just et la force des choses
EAN13
9782072084713
Éditeur
Gallimard
Date de publication
Collection
Blanche
Langue
français
Langue d'origine
français
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Saint-Just et la force des choses

Gallimard

Blanche

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Avant la prise de la Bastille, Saint-Just, jeune étudiant en droit, démontre
dans un long poème satirique, Organt, "l'analogie générale des mœurs avec la
folie". La Révolution sera pour lui une remise en cause non seulement du monde
politique, mais de la condition humaine. Son ultime raison d'être, il la
livrera quelques jours avant de mourir dans ces phrases célèbres : "Je méprise
la poussière qui me compose... Mais je défie qu'on m'arrache cette vie
indépendante que je me suis donnée dans les siècles et sous les cieux."
Comment Saint-Just en est-il venu là ? Quels chemins a-t-il suivis, quels
combats a-t-il livrés, pour ne plus trouver d'espérance qu'en l'au-delà ? La
Franc-Maçonnerie d'alors semble avoir influencé sa pensée et servi son
accession au pouvoir. (Mais ce rigoriste était aussi un sentimental : la
rupture qui mit fin à son premier amour devait lui inspirer l'esquisse d'un
roman autobiographique qui nous est ici révélé.) Des pièces récemment
déchiffrées établissent le bien-fondé des réquisitoires de l'accusateur du
roi, de Hébert, de Danton, au nom du Comité de salut public. La divergence
aperçue par Albert Ollivier entre Robespierre et Saint-Just, dans le dernier
trimestre, éclaire d'un jour nouveau le 9 Thermidor et détruit la légende d'un
triumvirat dominant jusqu'au bout le Comité. Ainsi dégagée des images d'Épinal
pro ou anti-révolutionnaires, l'histoire de la Terreur autour d'un jeune homme
qui croyait en ses idées paraît encore plus pathétique. Il est peut-être
excessif de dire : "Il n'y a pas de grands hommes, il n'y a que de grands
conflits." Mais il est vrai que la valeur d'un homme tient à sa manière
"d'éprouver, d'exprimer un grand conflit, et d'y répondre". Du point de vue
qu'il exprime par ces mots, Albert Ollivier a mis en valeur des aspects
inconnus – et passionnants – non seulement de "l'Archange de la Terreur", mais
de la révolution elle-même. Il a fait œuvre de philosophie en même temps que
d'historien.
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