Florence R.

25,50
Conseillé par (Libraire)
14 mars 2022

Troublant

Plusieurs voix, plusieurs destinées à travers le monde – un médecin, une universitaire, une journaliste, une nourrice, des chercheurs, des politiques, etc. - pour raconter l’épidémie, du début à la fin. Avec une précision quasi chirurgicale, un style direct et un rythme soutenu, Christina Sweeney-Baird se lance dans un roman affreusement prémonitoire et particulièrement bien senti. Il faut le reconnaître, il n’est pas facile de rentrer dans l’histoire, tant elle fait écho à la pandémie du Covid-19 (bien réelle celle-ci). Et c’est d’autant plus raide que l’auteure a achevé d’écrire ce livre peu de temps avant, en 2018. Pour autant, on est comme fasciné par sa manière de raconter, sans pathos, sans sensiblerie. C’est brutal, à l’instar de ce « Fléau » qui rase tout, une vie, des espoirs, des idéaux. Tout est à reconstruire et là aussi, Christiana Sweeney-Baird excelle dans la narration : les différentes mesures déployées pour réorganiser cette société bouleversée sont particulièrement bien imaginées et plutôt angoissantes.
Une « dystopie » qui tutoie tellement le réel qu’elle en devient…terrifiante !

19,00
Conseillé par (Libraire)
14 mars 2022

Remonter le fil

D’emblée, on est saisi par l’histoire d’Esther Brodsky, jeune fille juive prise dans les tourments de la guerre. Julie Printzac le raconte très bien, ce hiatus, chez ces jeunes gens, entre la peur et l’envie de vivre, avec un semblant d’insouciance. L’auteure dépeint admirablement bien tous les personnages, tant les corrompus que les courageux. Les portraits saisissent par leur justesse : l’ambivalence, la lâcheté, la vilenie des uns, le courage et la bienveillance des autres.
Et puis il y a cet antagonisme intéressant dans cette génération de femmes issues de la même lignée : d’un côté, Esther et sa mère, qui résistent, se battent avec courage et détermination et de l’autre, Jeanne et Deborah qui subissent leur vie, entre résignation et abnégation. Mais en allant sonder ce passé volontairement tu, ces dernières retrouveront une force et un élan nouveau.

Conseillé par (Libraire)
9 mars 2022

Enigmatique

20 ans après la disparition mystérieuse des trois gardiens du phare du Maiden Rock, Dan Sharp, célèbre auteur de romans maritimes, décide de résoudre l’affaire. Il se tourne alors vers les trois veuves, Helen, Michelle et Jenny pour tenter d’éclaircir les zones d’ombres de cette étrange histoire.
La construction du récit est assez habile. Alternant les points de vue des veuves, puis ceux des trois hommes lorsqu’ils étaient encore vivants, via leur journal de bord, l’auteure brouille volontairement les pistes. Mais progressivement les masques tombent, les travers, les souffrances, et les secrets des uns et des autres sont dévoilés. Habilement mené, on ne s'ennuie pas une seconde et on est très vite pris au jeu, tâchant de démêler le vrai du faux...

Habiter sa vie, habiter son corps

Éditions de l'Observatoire

18,00
Conseillé par (Libraire)
8 mars 2022

Eclairant !

Claire Marin, professeur de philosophie, s'intéresse à toutes les places que nous occupons dans une vie, dans son acception la plus large, nourri de références littéraires éclairantes (George Perec, Henri Michaux et des plus contemporains, Annie Ernaux, Sarah Chiche, Laurent Mauvignier, Maria Pourchet, Lionel Duroy, etc.)
Et c'est passionnant. Un style alerte, intelligible et vivant grâce aux nombreux exemples empruntés à la littérature. C'est immédiatement parlant et loin des formules toutes faites, et souvent vaines que l'on peut entendre de-ci, de-là...
Hautement recommandé !

Conseillé par (Libraire)
3 mars 2022

Le salut est ailleurs...

Adam a 17 ans et vit dans l’"Eden Tower" dans la banlieue de Londres. Cet immeuble n'est en rien l'idéal prôné par des architectes utopistes des années 50. L’habitat y est désormais insalubre, mité et ses habitants y sont entassés sans souci de confort et de décence. Rien n'a été pensé pour eux. Monde cynique, le voilà maintenant classé auprès du Fonds Mondial pour les monuments (WMF).
Adam y mène un combat : protéger Lauren, sa sœur de leur père, un homme déchu, devenu violent et alcoolique.
C'est un roman résolument social : l'auteur y dénonce l’engrenage terrible dans lequel se sont retrouvés embourbés ce couple, les parents d'Adam, et qui les feront basculer dans la précarité. Il le raconte très bien, le délitement progressif des liens familiaux, l'ultra-violence, le désespoir total, le point de non retour.
Et puis, malgré cette noirceur, viendra le salut, grâce au courage et à l'abnégation d'Adam et à l'aide précieuse de quatre femmes de son entourage.
Sans pathos, parfois même avec humour, Olivier Dorchamps livre là une chronique sans concession d'une adolescence meurtrie et ô combien conquérante.