La nature de la pensée
EAN13
9782845921559
ISBN
978-2-84592-155-9
Éditeur
Presses du Châtelet
Date de publication
Collection
PRESSES DU CHA.
Nombre de pages
216
Dimensions
22 x 14 x 2 cm
Poids
287 g
Langue
français
Code dewey
100
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La nature de la pensée

De

Presses du Châtelet

Presses Du Cha.

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Ce livre a été publié sous le titre « The Network of Thought » par Krishnamurti Foundation Trust Limited, Brockwood Park, Bramden Hampshire SO24 0LQ Royaume-Uni.

Toute information relative à l'Ecole de Brockwood Park, le Centre d'études Krishnamurti et les autres publications peuvent être obtenus par écrit auprès du Krishnamurti Foundation Trust.

Une première édition de cet ouvrage a paru en français sous le titre

Le Réseau de la pensée

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Et, pour le Canada, à Édipresse Inc., 945, avenue Beaumont, Montréal, Québec, H3N 1W3.

eISBN 978-2-8459-2547-2

© 1982, Krishnamurti Foundation Trust Limited. © 1985, Association culturelle Krishnamurti France, pour la traduction française. © 2005, Association culturelle Krishnamurti France, pour les entretiens avec Jean-Louis Dewez (DVD et retranscription). © 2005, Presses du Châtelet, pour la présente édition.

PRÉFACE

Un avant et un après

J'ai beaucoup lu Krishnamurti. En me plongeant pour la première fois dans un de ses ouvrages, je me suis d'emblée senti en terrain familier. J'étais encore dans la confusion, mais ces pages que j'absorbais avec avidité rencontraient en moi une attente, des intuitions, me faisaient découvrir ce que je pensais obscurément, mais que je n'osais pas penser. À l'époque, j'avançais dans l'existence et dans mon travail d'écrivain sans bien savoir où j'allais, ni ce que je cherchais, et Krishnamurti m'a ouvert les yeux sur cette évidence : j'avais à me connaître, chaque être humain doit s'employer à se connaître. C'est là une nécessité impérieuse. Krishnamurti m'a indiqué la voie qu'il me fallait suivre, le travail que j'avais à entreprendre. J'ai le souvenir de cette lecture comme d'un séisme de forte magnitude, d'une prise de conscience qui a changé ma vie.

Effectivement, se connaître est indispensable. Car vivre dans l'ignorance de soi, c'est être prisonnier de sa subjectivité, assujetti à une pensée viciée par ce qui la détermine : préjugés, peurs, croyances, blessures anciennes, avidités diverses... Se connaître implique qu'on s'affranchisse de ces déterminismes, qu'on accède à un mode d'être et de penser libéré de la toute puissance de l'ego. Le combat à engager est ardu. Il peut être long et douloureux. Tout se passe comme s'il fallait, dans un premier temps, détruire une maison de fond et comble, puis dans un second temps, la reconstruire pierre à pierre, mais différemment.

Au cours des causeries qu'il a données et dans les ouvrages qu'il a rédigés, Krishnamurti n'a cessé d'aborder ce vaste et complexe problème de la connaissance de soi, de montrer les illusions, les pièges, les impasses, les fourvoiements auxquels il faut savoir échapper. Il aborde tous les aspects de cette aventure, décrit avec une extrême précision, dans une langue d'une lumineuse simplicité, ces mouvements éminemment subtils qui se déroulent à l'intime de notre for intérieur. Ce qui est enfoui dans l'inconscient doit être tiré au jour, doit être rendu conscient, et ainsi, par des prises de conscience successives, on parvient à sectionner les multiples et toujours renaissantes racines de l'égocentrisme.

Quand le moi a été détrôné, une mutation se produit, l'être se trouve radicalement changé. Le regard est tout autre qu'il porte sur lui-même, sur autrui, sur le monde, et dans le même temps, de nouvelles énergies affluent, une sérénité advient, la vie avec tout ce qu'elle comporte devient hautement désirable.

À quelques différences près, les grandes religions nous adressent le même message : ne cédez pas à vos avidités, aimez vos semblables, faites le bien. Mais aucune ne nous explique comment nous rendre capables d'aimer. Le Christ nous invite à nous aimer les uns les autres. Mais si l'amour n'est pas en moi, que puis-je faire ? Vouloir obéir à des règles morales n'a pas grand sens tant que le moi n'a pas été éliminé. Car c'est lui, dans le débat intérieur, qui finit par imposer son pouvoir.

Krishnamurti ne propose aucun enseignement. Simplement, il explique par le menu la table rase à laquelle il faut se livrer pour dissoudre notre ego et créer en nous les conditions qui nous rendent aptes à aimer. Il nous indique la seule voie qu'il faille emprunter. Puis il se retire, et c'est à chacun de se mettre en chemin, de partir pour la grande aventure.

J'ai beaucoup lu Krishnamurti, mais je ne saurais dire tout ce que je lui dois. Cette première lecture évoquée plus haut a délimité pour moi un avant et un après. Avant, ce n'était que travail de sape, destruction, errance aveugle. Après, j'ai eu connaissance de la direction à suivre, espoir qu'après avoir longtemps cheminé j'allais finir par trouver l'issue du labyrinthe, pouvoir donner mon consentement à la vie.

J'ai beaucoup lu Krishnamurti et je l'ai beaucoup fait lire autour de moi. Bien des êtres se trouvent embarqués dans l'aventure sans savoir en quoi elle consiste. Ceux-là auraient le plus grand profit à recevoir et méditer ce qu'il a su dire. Aussi je souhaite ardemment qu'ils soient nombreux à lire La Nature de la pensée, nombreux à lire des ouvrages aussi essentiels que les Conférences données à Ojai, 1944, que La Révolution du silence, que les trois tomes des Commentaires sur la vie.

Au terme de ce petit texte, il me paraît bienvenu de revenir à lui, de lui céder la parole. Parmi des centaines de citations possibles, voici celles que j'ai retenues :

« Je n'ai rien à vous apprendre. »

« La pensée est le produit de son propre conditionnement. »

« La vérité est la compréhension de ce qui est d'instant et instant. »

« Les dieux et les vertus doivent être rendus aux sociétés qui les ont créés. Il est indispensable que soit une solitude absolue et inaltérée. »

« La lucidité est neuve à chaque instant. »

« L'homme est uniquement responsable envers lui-même et envers lui seul. Il doit être pour lui-même une loi stricte. »

« Être intégralement intelligent, c'est être sans ego. »

Charles Juliet

INTRODUCTION

Jiddu Krishnamurti. Peut-être ne connaissez-vous pas cet homme ? Peut-être en avez-vous simplement entendu parler ? Peut-être même avez-vous quelques préjugés, qu'ils soient positifs ou négatifs ? Ceux-ci dépendent souvent de la façon dont les personnes nous ont été exposées ou des opinions et croyances que nous cherchons inconsciemment à conforter. La vie de Krishnamurti est de celles qui ont pu être exposées de différentes manières. En fait, je ne suis moi-même pas particulièrement habilité à faire une telle présentation. Mais voilà, en 1979, j'eus ce dialogue avec Krishnamurti dont l'enregistrement vidéo vous est proposé dans le DVD qui accompagne ce livre. C'est à ce titre que j'ai accepté de faire cette introduction. C'est donc avec ma sensibilité que je vais vous présenter brièvement cet homme et ma rencontre avec son « enseignement ».

Imaginez un adolescent, né à Madanapalle, en Inde du Sud-Est, en 1895. Il est le huitième enfant d'une modeste famille de la caste des brahmanes. Nous sommes en 1909. La mère est décédée. Le père est membre d'une société religieuse internationale, la Société théosophique, qui recherche la synthèse des différentes croyances du monde et prédit la venue d'un instructeur du monde. Un sage capable d'éclairer l'humanité. Celle-ci est alors au bord de la Première Guerre mondiale. Pour je ne sais quelle raison, capacités particulières ou simple volonté de confirmer ses propres prédictions, un responsable de cette organisation religieuse va désigner ce garçon comme le futur « instructeur du monde ». Et voilà notre jeune Krishnamurti pris en charge par la Société théosophique. Annie Besant, une femme remarquable, va conduire, d'abord en Inde, puis en Angleterre, l'éducation de Krishnamurti et de son jeune frère Nitya. Il sera préparé à remplir cette tâche pour le moins exceptionnelle. En 1910, alors qu'il n'a encore que quinze ans, il est placé à la tête d'un ordre religieux comprenant des milliers de personnes.

En 1925, il sera brutalement affecté par la mort de son frère atteint depuis quelque tem...
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