Cap-Vert et île de Mozambique

Rencontre avec Jordane Bertrand
autour de l’île de Mozambique et du Cap-Vert

le vendredi 30 mars à 19h30

L’auteure du Dictionnaire insolite du Cap-Vert (Cosmopole, 2016) et de Cette petite île s’appelle Mozambique (Transboréal, 2016) nous convie à découvrir des îles africaines parfois méconnues, carrefours de cultures et terres de métissages, témoins de l’incroyable épopée maritime portugaise.

Gratuit, sur réservation

Guy Delisle à La Géosphère

Ce sera le vendredi 23 mars à 19h30.

Auteur de bandes dessinées, Guy Delisle a raconté ses séjours en Asie avec un sens aigu de l’observation et un graphisme sobre, en noir et blanc. On le voit ainsi parcourir Shenzhen, Pyongyang, Jérusalem et la Birmanie, autant de lieux qu’il nous fait découvrir avec une bonne dose d’autodérision.

Un humour que l’on retrouve dans ses Guides du mauvais père, trois tomes (bientôt quatre), dans lesquelles il raconte des anecdotes tirées de sa vie de père de famille.

La rencontre, à la librairie, sera l’occasion de discuter avec Guy Delisle de ses voyages, de son métier, de ses projets – et de lui demander une dédicace !

Entrée gratuite, sur réservation

Quelques bons, très bons livres

Roman
La Fuite du temps, YAN Lianke, traduit du chinois par Brigitte Guilbaud (Philippe Picquier 2014, 2017 pour l’édition de poche)
« Les monts qui ondoient comme autant de dos de buffles renvoient une lumière de thé brun ». C’est pour de telles images qu’il faut lire Lianke Yan, auteur atypique qui fut militaire de carrière pendant plus de vingt ans. Il nous conte ici le rude quotidien dans les montagnes des Balou, où l’espérance de vie du village des Trois Patronymes n’excède pas quarante ans. À la lecture, on est saisi par le contraste entre la magnificence de la nature et la dureté des relations humaines, marquées par la rigidité des hiérarchies et des conventions sociales. Ni l’amour, ni la douceur, ni même un semblant de liberté ne parviennent à s’épanouir ici. Pourtant, au fil des saisons, la vie suit son cours. Car la construction d’un canal insuffle l’espoir d’une vie meilleure, et surtout plus longue…
Un texte de toute beauté, porté par une langue (et une traduction !) époustouflante.

Bande dessinée
Mangeur de feu, Gérald Gorridge (Les enfants rouges, 2016)
Entre documentaire et récit onirique, cette bande dessinée au délicieux fumet nous emmène jusqu’au fond d’un bol de soupe vietnamienne, là où sont tombés les derniers grains de poivre qui laisseront sur la langue leur parfum exotique. Étonnant mystère que l’origine du Phở, dont le nom n’existait pas avant l’arrivée des colons français ! Plusieurs versions de l’histoire ont cours, chacune est déclinée ici, donnant l’eau à la bouche tout en offrant un joli aperçu du Vietnam, avec toute la fantaisie de Gérald Gorridge. Voilà qui donne envie de courir s’attabler dans un bon restaurant ! (si vous en connaissez un à Montpellier, dites-le-nous en commentaire…)
Quelques pages à feuilleter en ligne ici >>

Beau-livre
Wax & co – Anthologie des tissus imprimés d’Afrique, Anne Grosfilley (La Martinière, 2017)
Quiconque a voyagé en Afrique le dira : les tissus y sont tous plus extraordinaires les uns que les autres… Quand on s’y intéresse de plus près, on réalise que le fameux wax est une invention que les Hollandais destinaient au marché indonésien. Finalement, c’est en Afrique que ce tissu imprimé trouvera son public, qui le décline en mille couleurs et autant de messages.
Si cet ouvrage passionnant fait la part belle aux photos, le texte n’est pas en reste ; il faut dire que l’auteure, Anne Grosfilley, est anthropologue, passionnée par son sujet depuis l’adolescence. Son récit analyse, explique, mais n’oublie jamais de raconter. Un bonheur pour les yeux et l’esprit !
Pour en savoir plus, c’est ici >>

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Coups de cœur du moment

Roman
4 3 2 1, Paul Auster, traduit de l’anglais (États-Unis) par Gérald Meudal (Actes Sud, 2018)
Comment fait-il, Paul Auster, pour arriver à vous plonger dès la première page dans une quadruple vie imaginaire aussi foisonnante que passionnante ? Comment fait-il, bon sang, pour vous happer si vite, malgré la longueur des phrases, la densité des paragraphes et l’ambition de son projet littéraire ? La réponse tient peut-être en un seul mot : le talent. Un talent généreux que l’auteur américain s’amuse, avec un plaisir palpable, à déployer dans quatre directions différentes. Car après tout, qu’y a-t-il de mieux qu’une histoire bien racontée, si ce n’est quatre histoires bien racontées ? Du personnage de Ferguson, vous découvrirez donc quatre destins différents. Oui, quatre. D’où les mille pages et quelques.

Bande dessinée
L’Hôte, Jacques Ferrandez, d’après une nouvelle d’Albert Camus (Gallimard, 2009)
Dans une école perdue au beau milieu d’un paysage aride, un instituteur français apprend aux écoliers algériens la grammaire française et le tracé des fleuves de l’Hexagone. La guerre d’Algérie couve : un matin de neige, un policier amène un prisonnier à l’instituteur, charge pour ce dernier de le conduire au commissariat le plus proche. L’absurde des situations de guerre et l’humanité de ceux qui, à leur échelle, s’y sont opposés, sont superbement rendus par des dialogues laconiques et des planches laissant la part belle aux paysages minéraux.

Jeunesse
Au lit Miyuki, Roxane Marie Galliez, illustré par Seng Soun Ratanavanh (La Martinière Jeunesse, 2017)
L’histoire ne le dit pas, mais son prénom si : c’est au Japon, pays des bentos et des maneki-neko, que Miyuki grandit. Enfin, grandir est un bien grand mot, car la petite fille n’est pas plus grande qu’un radis ! Pas plus grand qu’elle, son grand-père a toutes les peines du monde à la convaincre d’aller se coucher, dans le joli escarpin rouge qui lui sert de lit. Avec l’ingéniosité ingénue propre aux enfants, Miyuki trouve toujours une bonne raison de retarder l’heure de s’endormir. Patiemment, le grand-père accepte alors de mettre une couverture au chat, d’arroser le potager ou encore d’offrir une dernière danse au soleil, dans un petit monde très doux peuplé de mésanges et de fourmis. Motifs japonisants, couleurs éclatantes, beau papier grainé : si votre enfant en redemande, il y a toujours le premier volet de l’histoire, Attends Miyuki (2016), pour lui transmettre l’art de la patience…

Miyuki ne veut pas aller se coucher quand le crapaud, lui, a déjà rejoint son seau.

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Coups de cœur de Noël

Récit
Le Grand Marin, Catherine Poulain (Point Seuil, 2017)
C’est en Alaska qu’elle s’en va, pour s’embarquer sur un bateau de pêche. Pourtant, elle n’est pas plus haute que trois pommes, et mince comme une enveloppe. Mais opiniâtre, ça oui ! Et malgré tout, pas plus courageuse qu’une autre, elle a la trouille chevillée au corps… Catherine Poulain nous raconte une histoire vraie, la sienne, dans une langue sans fioritures, âpre comme le sel qui a rongé ses mains durant les interminables nuits de pêche.

Jeunesse
New York Melody, Hélène Druvert (Gautier Languereau, 2017)
Du noir et blanc et du doré pour évoquer le voyage d’une petite note espiègle, bien déterminée à s’inviter dans tous les instruments de musique qu’elle croise sur son passage lors de ses vagabondages dans la Grosse Pomme. De fines découpes au laser font de cet album un très bel objet, qui plaira à tout âge.

Beau-livre
Arctique, Vincent Munier (Kobalann, 2015)
Encore du noir et blanc ? Eh bien non : du blanc tout court ! Ce livre de photos exceptionnelles met en valeur la neige immaculée, ainsi que les pelages des animaux qui s’y cachent : ours, lapins, mais aussi le mythique loup blanc, que les Inuits considèrent comme le fantôme de la toundra. Les quelques touches de noir sont apportées ici par la pupille d’un œil, là par de rares ombres. Pour le reste, c’est le silence du blanc qui nous envahit au fil des pages. Une pure merveille !