Vos libraires ont lu et aimé…

Bande dessinée – Globe-trotter
Un Anglais dans mon arbre, Olivia Burton et Mahi Grand (éditions Denoël, 2019)
Quand Olivia apprend qu’elle compte parmi ses ancêtres un célèbre explorateur dont elle n’avait jamais entendu parler, quelque chose remue en elle. Il suffit alors qu’on lui prête, à elle, jeune prof sans histoire, l’esprit aventureux de cet illustre Sir Richard Francis Burton, pour qu’elle se décide : elle qui n’a jamais voyagé va partir sur ses traces. C’est le début d’une quête qui la mènera de l’Angleterre aux sources du Nil et s’achèvera (avec un panache inattendu et hilarant) en Belgique.
Où l’on découvrira un fascinant polyglotte, un voyageur à l’endurance hors norme, un érudit toujours soucieux de comprendre les peuples rencontrés. Où l’on constatera qu’il ne fait pas bon avoir une réputation sulfureuse pour passer à la postérité…
Avec la complicité du dessinateur Mahi Grand, qui va et vient avec brio entre sepia et couleurs, Olivia Burton réhabilite la mémoire de celui qu’elle surnomme « Grandpa ». C’est vivant, drôle et passionnant !

Récit – Paris
Belleville au cœur, Christian Page (Slatkine & Compagnie, 2018)
Il a passé trois ans à arpenter Paris. Trois ans dans les parcs et sous les ponts, à mettre à profit son expérience de « couteau suisse ». Organisé, pragmatique et débrouillard, lorsque Christian Page, sommelier de profession, se retrouve à la rue, il trouve la force et les moyens pour survivre et même mieux, se faire entendre. Sans misérabilisme aucun, ce « SDF 2.0 » nous livre son expérience au ras du pavé. La plume est belle, et pose mille questions. Dont deux essentielles : comment se fait-il qu’on ne les entende pas plus ? Comment se fait-il qu’on ne leur parle pas plus ?

Bande dessinée – Japon
Miss Hokusai, Sugiura Hinako (éditions Philippe Picquier, 2019)
Quinze chapitres successifs nous transportent au cœur du Japon et c’est toute la société de l’Edo qui nous est décrite : mœurs, écoles d’art, traditions, recettes de cuisine et coups de pinceau ! La langue comme le trait mêlent le classique au contemporain, et l’humour de Hinako Sugiura salue avec justesse une femme libre mais dévouée, indépendante et talentueuse… Mais au fait qui est-elle, cette femme inspirante ?!?
Si on ne présente plus Hokusai, le « Vieux fou de dessin » qui inspira le japonisme, on connaît nettement moins sa fille, O-Ei, dont les talents de peintre furent éclipsés par ceux de son illustre géniteur. Hinako Sugiura, historienne, romancière et mangaka japonaise, lui rendit hommage en publiant chaque semaine quelques planches sur sa vie dans le Weekly manga Sunday entre 1983 et 1985, avant qu’un film animé ne l’adapte en 2015… et qu’il ne paraisse en 2019, enfin traduit en intégral !

Et aussi deux romans parmi la sélection du Prix Folio des libraires…

États-Unis
Les Fantômes du vieux pays, Nathan Hill, traduit de l’anglais par Mathilde Bach (Folio, 2017)
Une femme – une mère, indigne selon toute vraisemblance, ayant abandonné homme et enfant. Et qui ressurgit onze ans plus tard au hasard d’un flash du journal télévisé. L’histoire, c’est la quête de ce fils, auteur en déshérence, enseignant à la ramasse, addict aux jeux vidéos qui traîne son mal d’amour en bandoulière.
Servie par une plume féroce qui ne manque pas de panache, cette grande fresque balayant l’Amérique des soixante dernières années est une lecture JUBILATOIRE !!! Les personnages, foisonnants, sont bien campés et sacrément attachants ; l’intrigue nous lie, yeux et mains, à ce gros pavé. C’est caustique, c’est féministe, c’est intime, c’est politique, jamais simpliste – ce grand looser trentenaire est magnifique. C’est un premier roman, qui se dévore comme un grand classique de la littérature américaine. C’est Steinbeck qui rencontre Irving. Une bien belle pépite !

Israël
Douleur, Zeruya Shalev, (magnifiquement) traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowic (Folio, 2017)
Le roman de Zeruya Shalev rappelle un peu ces rosaces aux courbes qui s’entrecoupent et s’entrecroisent, pour s’achever sur une forme parfaite. Iris, la quarantaine, semble ressasser encore et toujours les mêmes préoccupations : son travail de directrice d’école, la mort de son père pendant la guerre du Kippour, la difficile éducation de ses enfants jeunes adultes, l’attentat qui a mis sa santé en péril, les retrouvailles avec son amour de jeunesse. Et pourtant, à chaque nouvelle évocation de ces sujets récurrents, elle a avancé dans sa réflexion, sa vision des choses a évolué. On se prend alors à douter, paniquer, espérer, foncer avec elle. Un roman intimiste remarquablement écrit et traduit, qui ne pouvait se passer ailleurs qu’à Jérusalem, la ville de toutes les tensions et de tous les possibles. Un coup de cœur !

Nos coups de cœur

Récit
Samouraïs dans la brousse, Guillaume Jan (éditions Paulsen, 2018)
Sous l’incroyable plume de Guillaume Jan, la brousse congolaise surgit soudain dans votre salon : la végétation devient exubérante, les insectes se mettent à bourdonner à vos oreilles, et vous voilà embarqué-e aux côtés de l’écrivain-voyageur, sur les traces de Takayoshi Kano. Destinée fascinante que celle de ce chercheur japonais ! Il a passé une grande partie de sa vie à observer les bonobos, convaincu que leur comportement nous en apprendrait beaucoup sur le nôtre. C’est ce que nous raconte Guillaume Jan. Mais pas seulement. On apprend une foule d’anecdotes sur l’ex-Zaïre, sur les primates et leur évolution… Et l’auteur nous livre aussi son propre voyage – pluies diluviennes, bateau douteux, administrations en lambeaux, sans oublier les émerveillements parfois mêlés de fatigue. Le tout, dans un texte à l’image de la brousse : éblouissant, foisonnant, étourdissant. Et surtout, passionnant !

Roman
La Transparence du temps, Leonardo Padura, traduit de l’espagnol (Cuba) par Elena Zayas (éditions Métailié, 2019)
Ex-flic bougon, libraire indigent, nostalgique indécrottable et scribouillard à ses heures, on est toujours ravi de recevoir des nouvelles de Mario Conde. Inventé en 1991 par l’écrivain cubain Leonardo Padura, ce personnage vieillit. Dans ce nouveau roman, il parcoure pourtant sa Havane d’un pas encore vaillant, à la recherche d’une statue miraculeuse : une Vierge noire pour le moins mystérieuse. Cette nouvelle enquête est l’occasion d’une plongée dans le monde frauduleux du marché de l’art et d’une description terriblement contemporaine de l’île aux mille inégalités. Conde déclinant n’a rien perdu de sa superbe : entouré d’une clique fidèle et de Basura II, son molosse dévoreur de hamburgers, il déjoue les faux-semblants et disserte sur la vie et l’inexorable passage du temps. On sourit, on compatit, on voyage – et peut-être même qu’on mûrit, nous aussi.

Beau-livre
Oiseaux entre garrigues et Méditerranée, Christian Philipp (Les Écologistes de l’Euzière, 2018)
On n’ose imaginer le nombre d’heures que Christian Philip a passées pour photographier 58 espèces d’oiseaux de notre région. Pour parvenir à capter un pouillot véloce en pleine chasse au moucheron, le décollage aquatique d’une foulque macroule ou un héron cendré en train de transporter une brindille presque aussi longue que lui – il faut avoir une patience d’ange ou d’amoureux. Au plaisir d’admirer des images remarquablement composées s’ajoute le régal d’apprendre une foule de détails au sujet des habitudes de ces oiseaux. Et quel ébahissement, de constater que ces petites (et grandes) merveilles à plumes peuvent s’observer tout près de chez nous !

Jeunesse
La Toute Petite Olga, textes d’Olivia Godat, illustrations de Raphaëlle Barbanègre (La Martinière Jeunesse, 2018)
La toute petite Olga vit dans une datcha à l’orée de la forêt, avec ses quatre sœurs. Ensemble, à l’abri du monde, elles chantent, dansent, rigolent et se régalent de confitures. Seulement voilà, la toute petite Olga rêverait de découvrir la ville. Nullement dissuadée par les craintes de ses aînées, elle disparaît par une nuit d’hiver goûter aux plaisirs fous de la grande cité. Escarpins dorés, folles virées (au Raspoutine Club !), gourmandises insensées, Olga va tout tester… avant de rentrer chez ses sœurs adorées. Une belle histoire très chouettement illustrée, sur le plaisir de grandir et de se faire confiance.
à partir de 4 ans

Les coups de cœur de vos libraires

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Album jeunesse
Banquise blues
, Jory John et Lane Smith, traduction Emmanuel Gros (Gallimard Jeunesse, 2017)

Un coup de cœur ? Oui et oui ! Même si ce petit pingouin serait plutôt adepte du coup de gueule : le réveil est trop tôt, les copains font trop de bruit, l’eau est trop froide, la banquise trop blanche, les passants trop bizarres, et surtout tout le monde s’en fiche de nos problèmes !! Heureusement, quand on broie du noir, on croise souvent la route d’un sage morse pour nous faire relativiser ! Un album hilarant, pour les petits et grands caliméros, de la banquise, de Montpellier et d’ailleurs.
À partir de 4 ans

Récit
Là où se mêlent les eaux. Des Balkans au Caucase, dans l’Europe des confins, Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin (La Découverte, 2018)
Avis aux amateurs de voile, de géopolitique, d’Histoire et de voyages ! Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin, journalistes, ont entrepris un voyage surprenant : dans un voilier cabotant sur la côte Sud de l’Europe, ils sont allés à la rencontre de gens et territoires un peu oubliés et pourtant fortement marqués par l’Histoire. Leur récit, fascinant, mêle anecdotes de voyage et rappels historiques, en nous embarquant de l’Italie à la Crimée. Passionnant !

Polar
Rendez-vous avec le crime, Julia Chapman (Robert Laffont, 2018)
Vous n’aimez pas le thé corsé du nord de l’Angleterre ? Qu’à cela ne tienne ! On boit aussi pas mal de bière dans ce savoureux polar. De quoi requinquer les habitants de la petite ville de Bruncliffe, secoués par une série de morts suspectes frappant les clients d’une agence matrimoniale… Humour, ragots et émotions sont au rendez-vous, pour une intrigue prenante à lire au coin du feu ou blotti-e sous la couette.

Roman
Je suis seul, Beyrouk (Elyzad, 2018)
Il est seul, et jamais son nom ne sera donné. Il, c’est le narrateur, caché de tous dans une ville tout juste tombée aux mains des terroristes. Il est seul, confiné, et sa vie défile : ses origines modestes et nomades ; son illustre ancêtre qui conduisit son peuple à sa perte ; l’amour pour celle qu’il a trahie hier, qui le trahira peut-être aujourd’hui ; l’appel infini du désert et sa carrière de journaliste, d’homme politique. Beyrouk, auteur mauritanien, signe un texte saisissant et audacieux. Sa langue est un poème rythmé que l’on s’imagine écouter dans les velours d’un théâtre ou résonner, cri désespéré, dans le vent du désert.

 

Rencontre avec Colin Niel

Jeudi 22 novembre, 19h30
au Centre culturel Lacordaire
6, rue des Augustins

Auteur de polars, Colin Niel a travaillé en Guyane à la création du Parc amazonien durant plusieurs années.

♥ À La Géosphère, nous avons dévoré, avalé, adoré Sur le ciel effondré, son nouveau polar guyanais aux Éditions du Rouergue ! Des ambiances de jungle, des personnages hauts en couleurs, un style littéraire d’une formidable richesse, et surtout une intrigue menée tambour battant (nuits blanches garanties !) ♥

Conférence-dédicace, avec tirage au sort de notre jeu-concours (à découvrir en vitrine dès à présent)

Gratuit, sur réservation par mail ou par téléphone

Les coups de cœur de Magali

Roman
À ce point de folie, Franzobel, traduit de l’allemand (Autriche) par Olivier Mannoni (Flammarion, 2018)
Avant d’être un radeau de triste réputation, La Méduse était une fière frégate qui, en 1816, devait naviguer jusqu’au Sénégal. Sauf que le capitaine n’avait pas mis les pieds sur un bateau depuis un quart de siècle… Et ce qui devait arriver arriva : la fière frégate fit naufrage. Le fameux radeau accueillit 150 personnes, dont seules 15 en réchappèrent, grâce à des pratiques anthropophages qui firent scandale à l’époque et restent troublantes aujourd’hui.
On a beau connaître toute cette histoire, du moins dans ses grandes lignes, Franzobel réussit le tour de force de nous tenir en haleine pendant quelque 500 pages. Et il arrive même à nous faire rire, parsemant son roman d’anachronismes et de détails cocasses. Pourtant, toute cette histoire n’est pas amusante… Il s’agit ici de la folie humaine, et pas seulement celle qui pousse à dévorer des cadavres, mais aussi celle qui rend l’ambition et les hiérarchies plus importantes que la compassion et la solidarité. Un roman exceptionnel, dans une traduction absolument remarquable.

Beau-livre
Éthiopie, Éric Lafforgue (Elytis, 2018)
Éric Lafforgue ne prend pas de simples photos : il capte les regards. Dévoile les personnalités. Plonge au cœur de mondes oubliés. L’Éthiopie qu’il nous donne à voir est celle des gens qui la peuplent, avec leurs parures ancestrales, ponctuées d’accessoires « made in China » ; leurs corps nus soulignés de peintures et scarifications comme autant d’œuvres vivantes ; et surtout leurs incroyables cérémonies comme le « Kael », lors duquel les hommes bodis doivent grossir le plus possible pour attirer sur eux admiration et mariages heureux. Fabuleux !

Roman
Avec un peu de chance, Julianne Pachico, traduit de l’anglais (États-Unis) par Séverine Weiss (Plon, 2018)
Voici un superbe roman polyphonique et déroutant. Chaque chapitre étant centré sur un personnage différent, trouver ce qui les lie relève parfois du jeu de piste de haut vol !
L’écriture de Julianne Pacchico, incroyablement inventive, retranscrit avec vivacité le terrible chaos d’un pays sous l’emprise des narcotrafiquants. Et cette jeune auteure américaine n’hésite pas à manier un humour un peu grinçant, ce qui ne gâche rien ! Brillant !

Les coups de cœur d’Anne

Roman
Continuer, Laurent Mauvignier (éditions de Minuit, 2016, 2018 pour la version poche)
Le Kirghizistan, ou la dernière carte que joue Sibylle pour sauver son ado de fils. Son projet : une randonnée équestre à travers steppes ; ou bien est-ce une cavale – la fuite extraordinaire d’une femme brisée et d un garçon égaré ? Mauvignier sonde les méandres de l’âme avec justesse, simplicité et poésie, et fait de Continuer un voyage vertigineux, un western grinçant, une quête éprouvante et cruelle. Un immense coup de cœur… dont on ne sort pas indemne !

Roman
Ne m’appelle pas Capitaine, Lyonel Trouillot (Actes Sud, 2018)
Riche « Blanchette », apprentie journaliste, Aude enquête sur le passé de Morne Dédé. Dans ce quartier de Port-au-Prince en déshérence, elle va croiser la route de personnages singuliers. Parmi eux, l’acariâtre Capitaine, ancien professeur d’arts martiaux au charisme grinçant et au verbe chantant.
La langue de Trouillot est fluide et fantasque. Elle nous entraîne dans le marasme des ruelles délaissées, dans l’histoire complexe d’une île au mille inégalités et nous interroge sur la notion de libre-arbitre. Un dialogue étourdissant !

Bande dessinée
Mon Traître, dessin de Pierre Alary, scénario de Sorj Chalandon (Rue de Sèvres, 2018)
Dès la préface, Sorj Chalandon annonce la couleur : « Voici l’Irlande et sa terrible beauté. (…) les rues sombres, la brique, l’injustice, les trognes magnifiques, la pluie, la nuit des opprimés. »
Anne : « À cette liste, j’ajouterais les aplats rouges, verts et jaunes – autant d’éclats d’humanité dans la grisaille de la guerre ; la finesse du trait. Et puis les mots, les mots de Chalandon : économes, rêveurs et toujours chargés d’émotions. »

Coups de coeur du moment

Roman
Dans la forêt, Jean Hegland (Gallmeister, 2018)
Alors que la civilisation s’effondre, Nell et Eva, 17 et 18 ans, trouvent refuge dans la forêt qui a bordé, effrayé et fasciné leur enfance. Réapprendre à vivre, sans électricité, sans essence… Et sans parent. Se libérer des acquis, ressusciter l’instinct, revenir à la terre, apprivoiser son corps, circonscrire le savoir. Si la trame de cette dystopie peut parfois sembler facile, le ton est juste, le propos fin et les personnages ciselés.

Beau-Livre
L’Iceberg rouge, Jean Villemin (Magellan & Cie, 2018)
L’iceberg rouge ressemble à Moby Dick : légendaire et redouté. Taché, dit-on, de la peinture du Titanic, il porte malheur à qui croise sa route. Cet ouvrage épaissit le mystère, dans les brumes évocatrices des encres de Jean Villemin. Un magnifique album pour les grands enfants que nous sommes !
Plus d’infos sur L’Iceberg rouge >>

Récit
Ambiance Kinshasa, Victor Muller (Transboréal, 2018)
Kinshasa, alias « Kin la Belle », regorge de gens fascinants et de situations étonnantes, même si la misère, la corruption et l’insécurité sont le lot de beaucoup. C’est avec un regard aiguisé et un incontestable talent de conteur que Vincent Muller nous raconte la capitale congolaise. Une quinzaine de courts récits, où il est question de concours de danse acrobatique, d’enfants des rues, d’impasses piégées, ou encore d’animisme christianisé. Vivant et passionnant !
Plus d’infos sur Ambiance Kinshasa >>

Article du Midi Libre : le « Top 5 » des lectures de l’été !

Le Midi Libre a proposé à tous les libraires indépendants de Montpellier de sélectionner cinq livres pour l’été. Voici donc la sélection de La Géosphère, à retrouver dans l’édition du 29 juin !

Un cargo pour les Açores de Jean-Yves Loude (Actes Sud 2018) : un récit de voyage, à la rencontre des gens et de leur histoire

Le mot de la libraire : « Les ouvrages sur l’archipel des Açores sont rares, et celui-ci est particulièrement réussi, mêlant récit de voyage et autofiction. Jean-Yves Loude s’est rendu sur les neuf îles, en quête d’anecdotes historiques et individuelles. J’ai été fascinée, entre autres, d’apprendre que l’île de Santa Maria avait connu son heure de gloire lorsque son aéroport permettait aux avions d’effectuer une escale lors de leurs traversées transatlantiques. Époque fastueuse aujourd’hui révolue… »

La Tresse de Laetitia Colombani (Grasset 2017, LGF 2018) : le destin de trois femmes sur trois continents

Le mot de la libraire : « À mes yeux, ce roman célèbre le courage des femmes partout dans le monde. Qu’il s’agisse de Giulia, la Sicilienne confectionnant des perruques à partir de vrais cheveux, Sarah, l’avocate canadienne qui affronte la maladie autant qu’elle a lutté contre le machisme de son métier, ou encore Smita, l’Indienne intouchable prête à tout pour offrir à sa fille un avenir meilleur, toutes trois ne s’avoueront jamais vaincues face aux difficultés. Peu à peu, leurs histoires se tressent les unes aux autres… »

Tokyo des ténèbres de Viviane Moore (Elytis 2008) : polar dans le milieu trouble des otaku, les monomaniaques japonais

Le mot de la libraire : « Ici, l’enquête policière fait presque figure de prétexte pour présenter deux groupes marginaux au Japon. On côtoie d’une part les otaku, ces personnes qui vivent sans sortir de leur chambre pendant des années, tant elles sont obsédées par une passion (jeux vidéos, figurines de mangas…) D’autre part, on découvre des exclus moins connus, les burakumin, qui sont en quelque sorte les descendants des parias de l’époque féodale ; ils vivent dans des quartiers ghettoïsés et, comme les Dalit en Inde, ne peuvent exercer que certains métiers considérés comme dégradants. Un polar fascinant, bien documenté et bien ficelé ! »

Mécanique d’un homme heureux de Dario Jaramillo Agudelo (Yovana 2017) : un homme raconte comment il a tué sa femme…

Le mot de la libraire : « En février dernier, nous avions eu le plaisir de rencontrer Laurence Holvoet, la traductrice de ce roman colombien à multiples facettes, à la fois léger et mordant, sans concession envers la haute société de Bogotá. Le narrateur, Tomás, n’y va pas par quatre chemins : il a enfin trouvé la voie du bonheur depuis qu’il a assassiné son épouse, Regina, qui tenait la maisonnée d’une main de fer. À la lecture, j’ai navigué entre compassion et indignation, rire et réflexions sur le temps qui passe – et surtout, je n’ai pas pu lâcher le livre tant que j’ignorais comment Tomás s’y était pris pour supprimer son dragon d’épouse (secret qu’il ne révèlera bien entendu que très tard…).  »

Groenland vertigo de Tanquerelle (Casterman 2017) : une bande-dessinée récit de voyage, clin d’œil à Hergé pour le dessin

Le mot de la libraire : « Quand Tanquerelle reçoit la proposition de participer à une expédition artistique en bateau au Groenland, il accepte avec quelques hésitations : il n’aime pas les voyages et il croit être sujet au mal de mer. C’est finalement avec une bonne dose d’autodérision et un sens aigu de l’observation qu’il nous raconte cette aventure, dans laquelle l’écrivain Jørn Riel (ou son double) joue un rôle truculent. Cette BD vous emmène dans le Grand Nord, mais elle regorge de chaleur humaine, d’autant que ses héros sont pour la plupart… totalement incapables de garder leur sang-froid ! »

Retrouvez dans l’article en ligne
tous les conseils de lecture
de mes collègues libraires à Montpellier !

Photo de Michel Pieyre, Midi Libre

Coups de cœur Australie

Le vendredi 16 juin, La Géosphère proposera une sélection de livres sur l’Australie lors du prochain ApéroVoyageurs organisé par Explore le Monde.
Voici quelques coups de cœur !

Bande dessinée
Terra Australis, scénario de Laurent-Frédéric Bollée, dessin de Philippe Nicloux (Glénat, 2013)
À la fin du XVIIIe siècle, l’Angleterre décide de déporter par centaines ceux qu’elle considère comme indésirables — bagnards, condamnés, prisonniers. Leur destination : l’Australie, terre lointaine, sauvage et inconnue. Ces hommes, femmes et enfants déracinés transformeront finalement leur condamnation en chance, l’opportunité de débuter une nouvelle vie.
Pour une histoire incroyable, il ne fallait pas moins qu’une BD tout aussi incroyable, de plus de 500 pages, aux superbes lavis.
Et pour les mordus, il y a même un deuxième tome ! (Terra Doloris, Glénat, 2018)

Nouvelles
Le Koala tueur et autres nouvelles du bush, Kenneth Cook (LGF, 2011)
L’Australie, on le sait, est le pays des animaux sympas : araignées piqueuses, méduses tueuses, serpents mortels, crocodiles affamés… Alors pourquoi le koala ferait-il exception à cette règle ? Kenneth Cook en témoigne : cette peluche sur pattes n’est pas si mignonne qu’elle en a l’air, loin de là !
Des nouvelles pétries d’humour noir, dans les milieux malfamés du bush australien, parmi des personnes pas toujours recommandables.

Jeunesse
Le Petit Sorcier de la pluie, texte de Carl Norac, illustrations d’Anne-Catherine De Boel (École des Loisirs, 2004)
Dans le désert australien, Petite-Pluie, un enfant au nom prédestiné, cherche une solution à l’impitoyable sécheresse qui s’est abattue sur la région. Sa ténacité, son inventivité, mais aussi sa spiritualité, viendront à bout du mystère de la pluie. Un magnifique album, en grand ou petit format, entrecoupé d’illustrations d’inspiration aborigène aux couleurs extraordinaires !

Et aussi le magazine Cram-Cram consacré à l’Australie !

Le 16 juin, retrouvez tous ces livres,
et bien d’autres !

Ce samedi 21 avril, lecture-spectacle autour du Laos

C’est à 20h à la salle Lacordaire (6 rue des Augustins).
Entrée gratuite, sur réservation

Olivier Ka, auteur prolifique pour enfants et adultes, mais aussi scénariste et dessinateur de bandes dessinées, racontera son périple au Laos, pays qu’il a sillonné pendant deux mois. Cette aventure le nez au vent a donné lieu à un joli petit livre de textes et croquis, Lost in Laos, à paraître aux éditions Elytis en mai (disponible dès à présent à La Géosphère).

Pour son spectacle, l’auteur offrira une lecture d’extraits de l’ouvrage, agrémentée d’une projection de croquis et d’une bande-son qui nous plongera dans une ambiance dépaysante.

Échanges et dédicaces avec l’auteur à l’issue du spectacle.
Tout public, à partir de 12 ans.
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