Coups de coeur du moment

Roman
Dans la forêt, Jean Hegland (Gallmeister, 2018)
Alors que la civilisation s’effondre, Nell et Eva, 17 et 18 ans, trouvent refuge dans la forêt qui a bordé, effrayé et fasciné leur enfance. Réapprendre à vivre, sans électricité, sans essence… Et sans parent. Se libérer des acquis, ressusciter l’instinct, revenir à la terre, apprivoiser son corps, circonscrire le savoir. Si la trame de cette dystopie peut parfois sembler facile, le ton est juste, le propos fin et les personnages ciselés.

Beau-Livre
L’Iceberg rouge, Jean Villemin (Magellan & Cie, 2018)
L’iceberg rouge ressemble à Moby Dick : légendaire et redouté. Taché, dit-on, de la peinture du Titanic, il porte malheur à qui croise sa route. Cet ouvrage épaissit le mystère, dans les brumes évocatrices des encres de Jean Villemin. Un magnifique album pour les grands enfants que nous sommes !
Plus d’infos sur L’Iceberg rouge >>

Récit
Ambiance Kinshasa, Victor Muller (Transboréal, 2018)
Kinshasa, alias « Kin la Belle », regorge de gens fascinants et de situations étonnantes, même si la misère, la corruption et l’insécurité sont le lot de beaucoup. C’est avec un regard aiguisé et un incontestable talent de conteur que Vincent Muller nous raconte la capitale congolaise. Une quinzaine de courts récits, où il est question de concours de danse acrobatique, d’enfants des rues, d’impasses piégées, ou encore d’animisme christianisé. Vivant et passionnant !
Plus d’infos sur Ambiance Kinshasa >>

Article du Midi Libre : le « Top 5 » des lectures de l’été !

Le Midi Libre a proposé à tous les libraires indépendants de Montpellier de sélectionner cinq livres pour l’été. Voici donc la sélection de La Géosphère, à retrouver dans l’édition du 29 juin !

Un cargo pour les Açores de Jean-Yves Loude (Actes Sud 2018) : un récit de voyage, à la rencontre des gens et de leur histoire

Le mot de la libraire : « Les ouvrages sur l’archipel des Açores sont rares, et celui-ci est particulièrement réussi, mêlant récit de voyage et autofiction. Jean-Yves Loude s’est rendu sur les neuf îles, en quête d’anecdotes historiques et individuelles. J’ai été fascinée, entre autres, d’apprendre que l’île de Santa Maria avait connu son heure de gloire lorsque son aéroport permettait aux avions d’effectuer une escale lors de leurs traversées transatlantiques. Époque fastueuse aujourd’hui révolue… »

La Tresse de Laetitia Colombani (Grasset 2017, LGF 2018) : le destin de trois femmes sur trois continents

Le mot de la libraire : « À mes yeux, ce roman célèbre le courage des femmes partout dans le monde. Qu’il s’agisse de Giulia, la Sicilienne confectionnant des perruques à partir de vrais cheveux, Sarah, l’avocate canadienne qui affronte la maladie autant qu’elle a lutté contre le machisme de son métier, ou encore Smita, l’Indienne intouchable prête à tout pour offrir à sa fille un avenir meilleur, toutes trois ne s’avoueront jamais vaincues face aux difficultés. Peu à peu, leurs histoires se tressent les unes aux autres… »

Tokyo des ténèbres de Viviane Moore (Elytis 2008) : polar dans le milieu trouble des otaku, les monomaniaques japonais

Le mot de la libraire : « Ici, l’enquête policière fait presque figure de prétexte pour présenter deux groupes marginaux au Japon. On côtoie d’une part les otaku, ces personnes qui vivent sans sortir de leur chambre pendant des années, tant elles sont obsédées par une passion (jeux vidéos, figurines de mangas…) D’autre part, on découvre des exclus moins connus, les burakumin, qui sont en quelque sorte les descendants des parias de l’époque féodale ; ils vivent dans des quartiers ghettoïsés et, comme les Dalit en Inde, ne peuvent exercer que certains métiers considérés comme dégradants. Un polar fascinant, bien documenté et bien ficelé ! »

Mécanique d’un homme heureux de Dario Jaramillo Agudelo (Yovana 2017) : un homme raconte comment il a tué sa femme…

Le mot de la libraire : « En février dernier, nous avions eu le plaisir de rencontrer Laurence Holvoet, la traductrice de ce roman colombien à multiples facettes, à la fois léger et mordant, sans concession envers la haute société de Bogotá. Le narrateur, Tomás, n’y va pas par quatre chemins : il a enfin trouvé la voie du bonheur depuis qu’il a assassiné son épouse, Regina, qui tenait la maisonnée d’une main de fer. À la lecture, j’ai navigué entre compassion et indignation, rire et réflexions sur le temps qui passe – et surtout, je n’ai pas pu lâcher le livre tant que j’ignorais comment Tomás s’y était pris pour supprimer son dragon d’épouse (secret qu’il ne révèlera bien entendu que très tard…).  »

Groenland vertigo de Tanquerelle (Casterman 2017) : une bande-dessinée récit de voyage, clin d’œil à Hergé pour le dessin

Le mot de la libraire : « Quand Tanquerelle reçoit la proposition de participer à une expédition artistique en bateau au Groenland, il accepte avec quelques hésitations : il n’aime pas les voyages et il croit être sujet au mal de mer. C’est finalement avec une bonne dose d’autodérision et un sens aigu de l’observation qu’il nous raconte cette aventure, dans laquelle l’écrivain Jørn Riel (ou son double) joue un rôle truculent. Cette BD vous emmène dans le Grand Nord, mais elle regorge de chaleur humaine, d’autant que ses héros sont pour la plupart… totalement incapables de garder leur sang-froid ! »

Retrouvez dans l’article en ligne
tous les conseils de lecture
de mes collègues libraires à Montpellier !

Photo de Michel Pieyre, Midi Libre

Coups de cœur Australie

Le vendredi 16 juin, La Géosphère proposera une sélection de livres sur l’Australie lors du prochain ApéroVoyageurs organisé par Explore le Monde.
Voici quelques coups de cœur !

Bande dessinée
Terra Australis, scénario de Laurent-Frédéric Bollée, dessin de Philippe Nicloux (Glénat, 2013)
À la fin du XVIIIe siècle, l’Angleterre décide de déporter par centaines ceux qu’elle considère comme indésirables — bagnards, condamnés, prisonniers. Leur destination : l’Australie, terre lointaine, sauvage et inconnue. Ces hommes, femmes et enfants déracinés transformeront finalement leur condamnation en chance, l’opportunité de débuter une nouvelle vie.
Pour une histoire incroyable, il ne fallait pas moins qu’une BD tout aussi incroyable, de plus de 500 pages, aux superbes lavis.
Et pour les mordus, il y a même un deuxième tome ! (Terra Doloris, Glénat, 2018)

Nouvelles
Le Koala tueur et autres nouvelles du bush, Kenneth Cook (LGF, 2011)
L’Australie, on le sait, est le pays des animaux sympas : araignées piqueuses, méduses tueuses, serpents mortels, crocodiles affamés… Alors pourquoi le koala ferait-il exception à cette règle ? Kenneth Cook en témoigne : cette peluche sur pattes n’est pas si mignonne qu’elle en a l’air, loin de là !
Des nouvelles pétries d’humour noir, dans les milieux malfamés du bush australien, parmi des personnes pas toujours recommandables.

Jeunesse
Le Petit Sorcier de la pluie, texte de Carl Norac, illustrations d’Anne-Catherine De Boel (École des Loisirs, 2004)
Dans le désert australien, Petite-Pluie, un enfant au nom prédestiné, cherche une solution à l’impitoyable sécheresse qui s’est abattue sur la région. Sa ténacité, son inventivité, mais aussi sa spiritualité, viendront à bout du mystère de la pluie. Un magnifique album, en grand ou petit format, entrecoupé d’illustrations d’inspiration aborigène aux couleurs extraordinaires !

Et aussi le magazine Cram-Cram consacré à l’Australie !

Le 16 juin, retrouvez tous ces livres,
et bien d’autres !

Ce samedi 21 avril, lecture-spectacle autour du Laos

C’est à 20h à la salle Lacordaire (6 rue des Augustins).
Entrée gratuite, sur réservation

Olivier Ka, auteur prolifique pour enfants et adultes, mais aussi scénariste et dessinateur de bandes dessinées, racontera son périple au Laos, pays qu’il a sillonné pendant deux mois. Cette aventure le nez au vent a donné lieu à un joli petit livre de textes et croquis, Lost in Laos, à paraître aux éditions Elytis en mai (disponible dès à présent à La Géosphère).

Pour son spectacle, l’auteur offrira une lecture d’extraits de l’ouvrage, agrémentée d’une projection de croquis et d’une bande-son qui nous plongera dans une ambiance dépaysante.

Échanges et dédicaces avec l’auteur à l’issue du spectacle.
Tout public, à partir de 12 ans.
Bande-annonce >>

Coups de cœur du moment

Récit
Revenir, Jean-Luc Raharimanana (Rivages, 2018)
Véritable patchwork littéraire, Revenir effectue de multiples va-et-vient dans le temps et l’espace. Il y a l’enfance, que l’auteur a passée dans un Madagascar fraîchement indépendant, aux côtés de parents engagés qui, entre autres, organisaient dans leur quartier des projections de westerns et de Charlie Chaplin. Il y a aussi, plus tard, de nombreux voyages en Afrique et en Europe, qui donnent lieu, par exemple, à un témoignage frappant sur le génocide rwandais. Et il y a encore les rivages mystérieux de l’amour, qui inspirent à Raharimanana des pages d’une poésie presque abstraite. Ce récit autobiographique écrit à la troisième personne évoque, quasiment pêle-mêle, l’importance des figures parentales, les paradoxes de la « malgachisation », les tabous (fady) de la Grande Île, souvent liés à d’incroyables mythes, et tous ces moments de douleur et de lumière qui forgent l’enfance. On sent le rouge de la terre et le vert des rizières dans ce texte qui en dit long sur l’histoire de Madagascar.

Jeunesse
Neigeline, texte de Li Lamarre, illustrations d’Odile Santi (éditions Courtes et Longues, 2018)
Vous en avez assez de la neige et du froid ? Peut-être, mais cela ne vous empêchera pas de tomber sous le charme de cette petite boule de neige avide d’aventures et d’horizons nouveaux ! Elle roule en bas de sa montagne et, les jours passant, découvre des animaux tout aussi curieux qu’elle, lagopède ou marmotte, tandis que la nature s’éveille, peu à peu, sous un soleil qui incite crocus et gentianes à parsemer la prairie de leurs couleurs éclatantes. La fin de l’histoire, vous la pressentez, mais n’ayez crainte : elle est très douce, très sereine, et peut amener les enfants à vous poser ces fabuleuses questions existentielles dont ils ont le secret. Des images magnifiques, dignes d’ouvrages naturalistes, soulignées par un texte tout simple et très juste.
À partir de 4 ans

Bande dessinée
Rotterdam, un séjour à fleur d’eau, Emmanuel Lemaire (Delcourt, 2016)
Il fallait l’oser, Emmanuel Lemaire l’a fait : présenter en bande dessinée une ville dont peu de monde vante la beauté. Nous avons nommé Rotterdam ! Amené par le travail de sa compagne à y passer quelques mois, l’auteur se prend au jeu de raconter son séjour entre polders, vélos et tulipes. Le trait noir sur blanc, plein de vivacité, et l’humour avec lequel il présente cette ville et les gens qu’il y rencontre, font de cette bande dessinée une lecture aussi agréable que dépaysante. Une première étape avant de vous envoler voir tout cela de vos propres yeux ? À la belle saison, sachez-le, il y a des vols directs depuis Montpellier…
Quelques pages à feuilleter en ligne ici >>

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Cap-Vert et île de Mozambique

Rencontre avec Jordane Bertrand
autour de l’île de Mozambique et du Cap-Vert

le vendredi 30 mars à 19h30

L’auteure du Dictionnaire insolite du Cap-Vert (Cosmopole, 2016) et de Cette petite île s’appelle Mozambique (Transboréal, 2016) nous convie à découvrir des îles africaines parfois méconnues, carrefours de cultures et terres de métissages, témoins de l’incroyable épopée maritime portugaise.

Gratuit, sur réservation

Guy Delisle à La Géosphère

Ce sera le vendredi 23 mars à 19h30.

Auteur de bandes dessinées, Guy Delisle a raconté ses séjours en Asie avec un sens aigu de l’observation et un graphisme sobre, en noir et blanc. On le voit ainsi parcourir Shenzhen, Pyongyang, Jérusalem et la Birmanie, autant de lieux qu’il nous fait découvrir avec une bonne dose d’autodérision.

Un humour que l’on retrouve dans ses Guides du mauvais père, trois tomes (bientôt quatre), dans lesquelles il raconte des anecdotes tirées de sa vie de père de famille.

La rencontre, à la librairie, sera l’occasion de discuter avec Guy Delisle de ses voyages, de son métier, de ses projets – et de lui demander une dédicace !

Entrée gratuite, sur réservation

Quelques bons, très bons livres

Roman
La Fuite du temps, YAN Lianke, traduit du chinois par Brigitte Guilbaud (Philippe Picquier 2014, 2017 pour l’édition de poche)
« Les monts qui ondoient comme autant de dos de buffles renvoient une lumière de thé brun ». C’est pour de telles images qu’il faut lire Lianke Yan, auteur atypique qui fut militaire de carrière pendant plus de vingt ans. Il nous conte ici le rude quotidien dans les montagnes des Balou, où l’espérance de vie du village des Trois Patronymes n’excède pas quarante ans. À la lecture, on est saisi par le contraste entre la magnificence de la nature et la dureté des relations humaines, marquées par la rigidité des hiérarchies et des conventions sociales. Ni l’amour, ni la douceur, ni même un semblant de liberté ne parviennent à s’épanouir ici. Pourtant, au fil des saisons, la vie suit son cours. Car la construction d’un canal insuffle l’espoir d’une vie meilleure, et surtout plus longue…
Un texte de toute beauté, porté par une langue (et une traduction !) époustouflante.

Bande dessinée
Mangeur de feu, Gérald Gorridge (Les enfants rouges, 2016)
Entre documentaire et récit onirique, cette bande dessinée au délicieux fumet nous emmène jusqu’au fond d’un bol de soupe vietnamienne, là où sont tombés les derniers grains de poivre qui laisseront sur la langue leur parfum exotique. Étonnant mystère que l’origine du Phở, dont le nom n’existait pas avant l’arrivée des colons français ! Plusieurs versions de l’histoire ont cours, chacune est déclinée ici, donnant l’eau à la bouche tout en offrant un joli aperçu du Vietnam, avec toute la fantaisie de Gérald Gorridge. Voilà qui donne envie de courir s’attabler dans un bon restaurant ! (si vous en connaissez un à Montpellier, dites-le-nous en commentaire…)
Quelques pages à feuilleter en ligne ici >>

Beau-livre
Wax & co – Anthologie des tissus imprimés d’Afrique, Anne Grosfilley (La Martinière, 2017)
Quiconque a voyagé en Afrique le dira : les tissus y sont tous plus extraordinaires les uns que les autres… Quand on s’y intéresse de plus près, on réalise que le fameux wax est une invention que les Hollandais destinaient au marché indonésien. Finalement, c’est en Afrique que ce tissu imprimé trouvera son public, qui le décline en mille couleurs et autant de messages.
Si cet ouvrage passionnant fait la part belle aux photos, le texte n’est pas en reste ; il faut dire que l’auteure, Anne Grosfilley, est anthropologue, passionnée par son sujet depuis l’adolescence. Son récit analyse, explique, mais n’oublie jamais de raconter. Un bonheur pour les yeux et l’esprit !
Pour en savoir plus, c’est ici >>

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Coups de cœur du moment

Roman
4 3 2 1, Paul Auster, traduit de l’anglais (États-Unis) par Gérald Meudal (Actes Sud, 2018)
Comment fait-il, Paul Auster, pour arriver à vous plonger dès la première page dans une quadruple vie imaginaire aussi foisonnante que passionnante ? Comment fait-il, bon sang, pour vous happer si vite, malgré la longueur des phrases, la densité des paragraphes et l’ambition de son projet littéraire ? La réponse tient peut-être en un seul mot : le talent. Un talent généreux que l’auteur américain s’amuse, avec un plaisir palpable, à déployer dans quatre directions différentes. Car après tout, qu’y a-t-il de mieux qu’une histoire bien racontée, si ce n’est quatre histoires bien racontées ? Du personnage de Ferguson, vous découvrirez donc quatre destins différents. Oui, quatre. D’où les mille pages et quelques.

Bande dessinée
L’Hôte, Jacques Ferrandez, d’après une nouvelle d’Albert Camus (Gallimard, 2009)
Dans une école perdue au beau milieu d’un paysage aride, un instituteur français apprend aux écoliers algériens la grammaire française et le tracé des fleuves de l’Hexagone. La guerre d’Algérie couve : un matin de neige, un policier amène un prisonnier à l’instituteur, charge pour ce dernier de le conduire au commissariat le plus proche. L’absurde des situations de guerre et l’humanité de ceux qui, à leur échelle, s’y sont opposés, sont superbement rendus par des dialogues laconiques et des planches laissant la part belle aux paysages minéraux.

Jeunesse
Au lit Miyuki, Roxane Marie Galliez, illustré par Seng Soun Ratanavanh (La Martinière Jeunesse, 2017)
L’histoire ne le dit pas, mais son prénom si : c’est au Japon, pays des bentos et des maneki-neko, que Miyuki grandit. Enfin, grandir est un bien grand mot, car la petite fille n’est pas plus grande qu’un radis ! Pas plus grand qu’elle, son grand-père a toutes les peines du monde à la convaincre d’aller se coucher, dans le joli escarpin rouge qui lui sert de lit. Avec l’ingéniosité ingénue propre aux enfants, Miyuki trouve toujours une bonne raison de retarder l’heure de s’endormir. Patiemment, le grand-père accepte alors de mettre une couverture au chat, d’arroser le potager ou encore d’offrir une dernière danse au soleil, dans un petit monde très doux peuplé de mésanges et de fourmis. Motifs japonisants, couleurs éclatantes, beau papier grainé : si votre enfant en redemande, il y a toujours le premier volet de l’histoire, Attends Miyuki (2016), pour lui transmettre l’art de la patience…

Miyuki ne veut pas aller se coucher quand le crapaud, lui, a déjà rejoint son seau.

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