Évadez-vous en lisant nos coups de cœur !

L’Enfant du fleuve, Luis do Santos, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Antoine Barral, 15€, éditions Yovana, 2020
Aux confins de l’Uruguay, là où le fleuve du même nom trace la frontière avec le Brésil, un petit garçon tente de grandir. Entre un père violent et une mère indifférente, ce n’est pas chose facile. Alors le petit garçon se réfugie dans ses rêveries, ses amitiés cabossées et ses frasques. Faute de susciter l’amour de ses parents, il attire leur attention en faisant les 400 coups, sous la houlette d’un grand-père fantôme de bien mauvais conseil…
Et quand ça va trop mal, il grimpe très haut dans un arbre qui lui sert de refuge. La nature, luxuriante dans ce coin de jungle à peine domestiquée, truffée d’insectes et de serpents, est omniprésente, tout comme le fleuve du titre, cours d’eau tumultueux qui promet autant de robinsonnades que de menaces de noyades. Voici un roman bref et percutant, un roman aux allures de conte initiatique – un roman que l’on referme avec les larmes aux yeux.

Hot Maroc, Yassin Adnan, traduit de l’arabe (Maroc) par France Meyer,
24€, Actes Sud, 2020

Il est lâche et balade sa « tête de rat » (lui préfère la comparaison à l’écureuil) en rasant les murs. Rahhal est d’une insignifiance crasse dans la vraie vie, mais sur les méandres de la toile c’est tout autre chose ! Véritable troll gonflé de haine, c’est par le biais des réseaux sociaux que cet étudiant raté en littérature règle ses comptes avec quiconque a mieux réussi que lui. Et c’est évidemment sur la toile que ses talents de nuisible sont appréciés à sa juste valeur et qu’il se fait approcher… par les services de sécurité marocains. Sur la revue en ligne « Hot Maroc », il devient alors le vecteur des fake news et autres rumeurs cruelles que lui dictent les taupes du gouvernement… Hot Maroc est une « comédie animale » et satirique, où tout le monde en prend pour son grade : bourgeois affairistes, intellectuels prétentieux , prédicateurs intéressés, militants prêts à retourner leur veste. C’est le Maroc d’aujourd’hui qui s’anime sous la plume féroce de Yassin Adnan, poète, journaliste et romancier enfin traduit en français ! Alors même si Hot Maroc est sorti en mars 2020 juste avant le confinement, ne passez surtout pas à côté !

Miss Laila armée jusqu’aux dents, Manu Joseph, traduit de l’anglais (Inde) par Bernard Turle, 19€, éditions Philippe Rey, 2020
C’est le matin. Akhila, toute fringante, rentre de son footing. Elle découvre alors que l’immeuble de Bombay où elle habite s’est à demi effondré suite à un tremblement de terre. Lorsque les sauveteurs décèlent la présence d’un survivant sous les décombres, elle s’avance. Aussi menue que sportive, elle fait valoir qu’en outre, elle est sur le point de décrocher son diplôme de médecine ; c’est donc elle qui se faufilera jusqu’au blessé pour lui administrer les premiers secours, le temps qu’un passage soit frayé pour le sortir de là. Seulement voilà : le blessé lui confie par le menu les détails d’un acte terroriste qui serait sur le point d’être perpétré. Une course contre la montre s’enclenche, pour tenter de déjouer l’attentat avant qu’il ne soit trop tard.
Tensions interreligieuses, questions féministes, problématiques médiatiques… Le roman de Manu Joseph délivre un instantané saisissant de l’Inde d’aujourd’hui. Le rythme énergique de sa narration et le franc-parler de son style, mi-politisé mi-grinçant, en font un livre engagé, à la saveur toute particulière.

Confinés ? Lisez !

Nos coups de cœur du moment

Rappel : en cette période de confinement, vous pouvez pré-commander des livres à La Géosphère. Pour cela, il vous suffit de nous envoyer un petit mail à librairiegeosphere@gmail.com, et nous vous indiquerons la marche à suivre.

Roman, États-Unis
Le Chant de la frontière, Jim Lynch, traduit de l’anglais américain par Jean Esch (éditions Gallmeister, 2020, 10,80 €) 
Envolons-nous ! Littéralement. Pour cela, un guide vous attend : Brandon Vanderkool. Hâtez le pas, il ne vous attendra pas ! Ce géant loufoque et sensible n’a qu’une passion, les oiseaux (et puis une certaine Madeline, peut-être, aussi…). Pour les observer, il sillonne des kilomètres et des kilomètres le long de la frontière américano-canadienne – quand il ne s’adonne pas au land-art, ou ne donne pas un coup de main dans la ferme en faillite de son père. Fraîchement recruté par la police des frontières, le lunaire mastodonte commence à enchaîner les arrestations : petits trafiquants, terroristes supposés, réfugiés en errance. Est-ce parce qu’il est dyslexique ? Autiste ? Qu’il possède une perception unique des choses ? Que les oiseaux eux-mêmes lui servent d’indics ? Dans ce petit monde au bout du monde, il n’en faut pas plus pour susciter les bavardages. Et pendant ce temps-là, une voisine canadienne, Madeline la révoltée, s’initie au trafic de drogue pour fuir cette communauté…
C’est une satire douce-amère à laquelle Lynch s’adonne. Dans cette micro-société peinte par l’auteur, on observe avec humour les phénomènes paranoïaques et les tendances terrorisées des concitoyens. Et Brandon Vanderkool, électron libre et poétique, nous offre son regard résolument bienveillant, optimiste et sensible sur le monde. Une lecture bien à propos, qui nous invite, comme Brandon, à voler au-dessus de tout ce qui nous divise…

Roman, Japon
Les chats ne rient pas, Kosuke Mukai, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako (éditions Philippe Picquier, 14 €, à paraître en septembre)
Je suis sûre que vous avez besoin de douceur… De chaleur… De lectures qui vous embarquent sans prise de tête… En tout cas, c’est mon cas, en ces temps de confinement. Et c’est exactement ce que j’ai trouvé dans Les chats ne rient pas, roman tout simple de Kosuke Mukai. Au cœur de l’intrigue se blottit Son, un vieux chat mourant. Renko, la femme qui s’en occupe, a décidé de renouer avec son ex-compagnon pour qu’il puisse lui aussi accompagner l’animal dans ses derniers moments. Le nouveau compagnon de Renko est d’accord – il n’a pas eu son mot à dire, en fait. Drôle de constellation, que celle qui se met alors en place autour du matou en fin de vie. Le passé ne manque pas de ressurgir, faisant émerger quelques rancœurs, mais aussi le désir de réparer certaines erreurs. Un profond respect, empreint de cette retenue si typiquement japonaise, irrigue les relations de cet étrange quatuor. Et ça fait du bien. Tout simplement.

Roman, Afrique du Sud / Angleterre / Pologne
Débutants, Catherine Blondeau (éditions Mémoire d’encrier, 2019, 25€)
Imaginez un arbre. Le tronc noueux, massif, solidement ancré dans la terre. Des branches qui s’élancent loin dans le ciel. Majestueux ! Le roman de Catherine Blondeau lui ressemble. Le tronc, c’est Nelson le Sud-Africain. Colérique, solaire, brillant. De ce centre émergent plusieurs branches : l’une explore les peintures rupestres préhistoriques, puisque c’est la spécialité de ce personnage ; une autre fouille jusqu’à la nausée l’histoire de l’apartheid.
Et notre arbre compte encore deux branches maîtresses : celle de Peter l’Anglais (sensible, mélomane, discret) et celle de Magda la Polonaise (libre, effrontée, déroutante), qui nous embarquent successivement dans le Londres underground et homosexuel des années 1980, puis à Wałbrzych, ville qui fut tour à tour prussienne, allemande et polonaise. Et voici ce qui bourgeonne encore sur cet arbre magnifique : ici la question de l’exil et du racisme, là celle de l’amour, sous toutes ses formes, plus loin celle de la filiation…
Kaléidoscope plein d’audace, d’une remarquable cohérence, Débutants ne semble pas avoir été écrit par une débutante. Et pourtant, c’est le premier roman de Catherine Blondeau. Un pavé de 550 pages que l’on voudrait pouvoir lire d’une seule traite : un coup de maître !

Roman, Soudan
Les Jango, Abdelaziz Baraka Sakin, traduit de l’arabe (Soudan) par Xavier Luffin (éditions Zulma, 2020, 22,50 €)
Bienvenue au royaume des bonimenteurs, du verbe haut en couleurs – bienvenue chez les prostituées au grand cœur, chez les racoleurs, les invétérés buveurs et les laborieux travailleurs. Bienvenue chez les Jango, « sages à la saison sèche, et fous à la saison des pluies ».
Al-Hilla, région du Soudan proche de la frontière éthiopienne. C’est ici que l’on rencontre les Jango, saisonniers de la terre. Lorsque les récoltes sont finies, c’est l’alcool et les femmes qu’ils consomment à foison. Et ainsi, depuis toujours, va la vie.
Seulement voilà, un jour s’installe une banque à Al-Hilla. Puis un réseau de télécommunication. Enfin, coup de grâce, les moissonneuses-batteuses. Et c’est la révolte de ce peuple cosmopolite et bigarré, sublime et sans espoir, qu’Abdelaziz Baraka Sakin narre dans ce deuxième roman, (évidemment) interdit au Soudan. Avec beaucoup d’humour, l’auteur décrit la guerre. L’ennemi du peuple, ici, n’est pas l’Autre, mais le gouvernement.
Au fil d’une narration erratique, Abdelaziz Baraka Sakin nous décrit un Soudan insoupçonnable, politique, subversif et jubilatoire. Un pays où les djinns côtoient les transsexuel.le.s et où les femmes mènent la danse, et la révolution ! Mosaïque chamarrée et vibrante, Les Jango nous embarque dans sa transe !

Et vous, que lisez-vous ?

Lectures à écouter et à partager

Pour les petits et les grands,
La Géosphère offre
des lectures à voix haute.

L’occasion de s’évader grâce aux livres ! Lectures d’albums jeunesse, de poèmes ou d’extraits de romans : il y en a pour tous les goûts, et c’est simplement accessible depuis votre ordinateur.

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Vous y retrouverez, entre autres : Le Voyage d’Anoki d’Antoine Guilloppé (Gautier-Languereau, 2013), magnifique histoire dès 3 ans, qui vous embarque dans le Grand Nord avec la voix de Judith, 6 ans ❤

Rencontre autour de la Guyane

Vendredi 13 mars, 19h30
au Centre culturel Lacordaire
(6, rue des Augustins)

⚠ Rencontre reportée ⚠
à une date ultérieure

[☝ 1 soirée, ✌ 2 auteurs]
Vous rêvez d’aventures dans la jungle amazonienne ?
🦋 Cap sur la Guyane ! 🦋

La Géosphère est heureuse d’accueillir le photographe Karl Joseph et l’auteur Christian Dedet. La soirée s’ouvrira sur une projection des photos de Karl Joseph, issues de son magnifique ouvrage La Guyane du Capitaine Anato (éditions du Rouergue, 2019, avec des textes inédits de Colin Niel).

Puis, avant les échanges avec le public, le photographe dialoguera avec Christian Dedet, auteur de Carnets de Guyane. En descendant le Maroni (éditions Transboréal, 2019), récit de voyage écrit d’une plume remarquable.

Séance de dédicaces à l’issue de la rencontre

Ne manquez pas cette rencontre exceptionnelle !
(en plus, c’est gratuit 😉)

Rencontre BD avec Gaston

Vendredi 28 février, 19h30
à la librairie

[Coup de ❤ BD !] Sur la vie de ma mère (La Boîte à Bulles, 2020), c’est le portrait magnifique et bouleversant d’une femme libre, à contre-courant des clichés. Gaston nous conte l’existence de Jeanne, Jeannette, son héroïne, pionnière des mères célibataires, enseignante, globe-trotteuse : sa maman. Du Maroc à Haïti en passant par la France et le Mali, Gaston nous narre un quotidien plein de tendresse souvent, de rudesse parfois, mais d’amour toujours. On retrouve le trait énergique du dessinateur de presse et de carnets de voyage, mais le ton est plus retenu, plus pudique. À découvrir absolument !

👉 Rencontre gratuite – Pour des raisons d’organisation, merci d’annoncer votre présence,
par mail (librairiegeosphere@gmail.com) ou par téléphone (04 99 06 86 29)

Nos coups de cœur du moment

Roman – Grands espaces américains
Au loin, Hernán Díaz, traduit de l’anglais (États-Unis) par Christine Barbaste, éditions 10-18, 2019 (8,10 €)
Voici une pépite, une perle rare – un éblouissement. Au loin n’est pas un énième roman américain. C’est un western à l’envers, porté par un anti-héros magnifique.
Fin XIXe, San Francisco. Håkan, jeune paysan suédois, voulait refaire sa vie à New York avec son frère. Le désespoir l’étreint lorsqu’il s’aperçoit qu’il a débarqué, seul, à l’autre bout du continent. Il n’aura alors de cesse de suivre le soleil levant pour tenter de rejoindre son but initial. C’est donc à contre-courant du flot de pionniers, chercheurs d’or, explorateurs et savants fous, qu’il se met en chemin. Au sein de ces espaces infinis et hostiles, toutefois, il ne peut faire autrement que de trouver des compagnons de route, voire d’infortune. Géant taiseux au cœur immense, colosse qui grandit en permanence, hercule terrifié par ses prochains, Håkan est un personnage qui vous restera longtemps en mémoire. Et Au loin pourrait bien figurer sur la liste des plus beaux romans que vous ayez lus dernièrement !

Album jeunesse dès 3 ans – Jungle
Gaston Grognon, Suzanne & Max Lang, traduit de l’anglais par Eva Grynszpan, Casterman Jeunesse, 2020 (13,90 €)
Un coup de cœur ? Ou peut-être bien coup de gueule, dis ! Car comme nous l’explique Gaston le chimpanzé, y a pas forcément de raison pour être ronchon. Même si le soleil brille, même si les copains chantent et dansent et que les oiseaux pépient, on a tous le droit, parfois, de bouder dès le lever… Non mais !! Devant l’insistance de tous les amis de la savane, Gaston commence par faire semblant. « Tu es tout tassé » lui lance le marabout. Alors Gaston se redresse. « Tes sourcils sont tout froissés », remarque le lémurien. Alors Gaston se lisse le front. Oui mais non, non et re-non ! A quoi bon faire semblant ? Quand on est grognon, on est grognon ! Un album hilarant et coloré, avec un petit air de dessin animé !

Polar – Occitanie
Rouge Tango, Charles Aubert, 20 €, Slatkine & Compagnie, 2020
L’aventure n’a pas toujours besoin de latitudes lointaines. En témoignent les excellents polars de Charles Aubert situés dans les étangs palavasiens – vraiment tout près de Montpellier ! Après Bleu Calypso, paru chez Slatkine & Compagnie en 2019 et tout juste réédité chez Pocket, voici Rouge Tango. On y retrouve le personnage si bourru et si attachant de Niels, quadragénaire qui a abandonné carriérisme, agendas pleins à craquer et rendez-vous d’affaires. Dans sa cabane en bord d’étang, loin de la fureur du monde, il fabrique des leurres de pêche artisanaux. Un décor idyllique, tout de reflets dans l’eau et de vols d’oiseaux, où même la pêche est une activité non-violente (Niels pratique le « no kill »). C’est pourtant ce petit paradis qui devient, sous la plume efficace de Charles Aubert, le théâtre de morts pas très très naturelles. Et nous voilà embarqués, aux côtés de Niels et de sa coéquipière tout feu tout flamme, dans une enquête policière pleine de rebondissements (et d’émotion !), au dénouement encore une fois inattendu.

Rencontre avec l’auteur Philippe Gerin

Samedi 25 janvier, 19h30
à la librairie

Le roman de Philippe Gerin, Les Voyages de Cosme K (Gaïa, 2019),
est un gros coup de ❤ à La Géosphère !

Cosme K quitte un beau matin la maison familiale et trouve refuge dans l’errance. Du cercle polaire au lac Baïkal en passant par l’euphorie de Singapour, Cosme K charme, aime, promène ses mystères en bandoulière et, inéluctablement, repart vers l’horizon.
Quand son jeune frère part sur ses traces, la quête prend le pas sur la fuite. Une quête vers la vérité, le pardon et l’apaisement…
Philippe Gérin nous embarque dans un voyage au long cours, véritable conte initiatique au parcours jonché de symboles, et pétri de poésie.

Saisissez la chance de rencontrer l’auteur à la librairie !

Rencontre gratuite, réservation conseillée

Nos coups de ❤ pour Noël !

Roman – Voyage imaginaire
La Passe-Miroir. Tome 4 : La Tempête des échos, Christelle Dabos (19,90 €, Gallimard Jeunesse, 2019)

La talentueuse Christelle Dabos revient pour clôturer la saga de sa maladroite et courageuse Passe-Miroir…
⭐ Le monde est sens dessus dessous, les Arches, ces îlots en apesanteur où règnent les esprits de famille, sont en train de s’effondrer. La frêle Ophélie et son bourru de mari Thorn se lancent dans une course contre la montre pour déjouer les énigmes du temps, les brèches de la mémoire et surtout arrêter l’Autre, cet insaisissable responsable…
⭐ Il est des succès fulgurants qui s’imposent comme des évidences : La Passe-Miroir en fait partie. Dépassant largement le public adolescent auquel la saga était destinée, il est effectivement difficile de résister à l’enchantement de cette jeune écriture.
⭐ Arpenter l’univers foisonnant, fourmillant, de Dabos, en compagnie de son héroïne est un délice qui n’a rien de régressif. Inspirés de l’Inde, de la Réunion, de l’antique Babylone et de ses jardins suspendus ; le Pôle, Babel, Anima et Arc-en-Terre regorgent de références précises et dévoilent plusieurs niveaux de lecture. On apprécie également la psychologie des personnages, jamais manichéenne ni genrée. On plonge avec délice dans ce gros pavé rose, et nous voilà happés, emportés, quelques centaines de pages plus tard… comme par magie !

Polar – États-Unis
Le Dernier Baiser, James Crumley, traduit de l’anglais par Jacques Mailhos (9,90 €, Gallmeister, 2019)
Voici un classique du polar américain, injustement méconnu. Car James Crumley, à défaut d’avoir été prolixe, fut un écrivain majeur du XXe siècle et on ne peut que remercier les éditions Gallmeister pour ce gros travail de traduction, et cette sublime redécouverte.
On entre dans Le Dernier Baiser comme dans l’un de ces rades chers à l’auteur – du moins, à ses personnages. Y flotte un parfum de cynisme et d’enfer, on y respire les volutes d’ether et de fumée se mêlant à celles, non moins obsédantes, de la médiocrité et de l’absurdité humaines.
Lancé sur la piste d’un écrivain en cavale, le détective C.W. Sughrue écume les bars avant de le retrouver, passablement aviné, un bulldog alcoolique à ses pieds. La folle équipe est ainsi montée. S’ensuivra un périple rocambolesque, ce trio de choc se mettant à la recherche d’une sulfureuse jeune fille disparue, une décennie auparavant.
Le Dernier Baiser déborde de tendresse envers ses personnages cabossés : on s’attache au verbe licencieux de ce privé désabusé, à la verve éthylique de cet écrivain trop aimé, à la générosité gironde de cette barmaid à la gâchette facile. Et le style, dans tout ça ? C’est de la littérature à l’état brut, une prose rythmée, précise, tout à la fois caustique et poétique, grinçante et mélodieuse.

Album jeunesse – Voyage au long cours
Le Grand Voyage d’Annabelle, un conte musical avec CD dès 4 ans, écrit par Vincent Tirilly, illustré par Odile Hervois, musiques de Simon Mimoun et Franck Marty (23 €, éditions des Braques, 2018)
La plupart sont parties depuis un moment, mais si tout va bien, elles reviendront au printemps prochain… Qui donc ? Les hirondelles, bien sûr ! Alors si, comme nous, vous les regrettez un peu, jetez-vous sur Le Grand Voyage d’Annabelle ! Avec des illustrations pleines d’humour et d’expressivité, cet album met en scène une petite hirondelle qui, au moment de s’envoler pour sa première migration, se casse une aile. Mais plutôt que de renoncer à son « grand voyage » pour le Sénégal, elle décide de partir par voie de terre. Ce ne sera pas sans l’aide de divers animaux rencontrés sur son chemin ! Cette épopée rocambolesque, pleine de tendresse, valorise le courage, l’entraide et la confiance en soi. Vos enfants adoreront* les personnages au caractère bien trempé, mais surtout, surtout, les chansons du CD. Pas moins de dix chansons rythment l’histoire, et c’est du pur bonheur : foisonnant de jeux de mots, elles sont portées par des musiques formidablement riches et interprétées par une sacrée brochette de chanteurs (Olivia Ruiz, Didier Wampas, Alexis HK, Carmen Maria Vega, Simon Mimoun ou encore Magyd Cherfi – pour n’en citer que quelques-uns). Pour vos longs après-midis d’hiver ou vos prochains interminables trajets en voiture, une chose est sûre : il vous FAUT Le Grand Voyage d’Annabelle ! 😉
* Parole de filles de libraire qui connaissent désormais toutes les chansons par cœur… et continuent de les réclamer quotidiennement !

Sans oublier les couvertures de livres en tissu cousues main par la créatrice lyonnaise Savalise (photo ci-dessous), les parapluies-planisphères, les globes, les jeux, les puzzles…

🎅 Joyeux Noël ! 🎅

Rencontre autour du Mexique

avec Felix Macherez, auteur de
Au pays des rêves noirs (Les Équateurs, 2019)

le samedi 23 novembre, 19h30 à la librairie

En s’envolant pour le Mexique, l’auteur fuit un quotidien qui l’angoisse. Surtout, il part sur les traces d’Antonin Artaud, le poète maudit qui avait suivi une initiation mystique auprès des Indiens Tarahumaras. Le jeune homme d’aujourd’hui rêve de l’aventure d’hier. Désillusion et absurdité sont au rendez-vous, mais il en résulte un texte flamboyant, traversé de fulgurances.

Gros coup de ❤ à La Géosphère – et il est en lice pour le Prix Renaudot !

👉 La rencontre est gratuite, mais pour des raisons d’organisation, merci d’annoncer votre venue,
par mail (librairiegeosphere@gmail.com) ou par téléphone (04 99 06 86 29).

Dédicaces avec le dessinateur chinois Chongrui Nie

Vendredi 15 novembre, 15h-18h
Samedi 16 novembre, 10h-17h
à la librairie

[Événement !]
À plus de 70 ans, le dessinateur chinois Chongrui Nie témoigne de la Révolution culturelle telle qu’il l’a vécue. Ses dessins, crayonnés avec une énergie époustouflante, restituent son exil dans les montagnes du Shanxi, où il a été forcé de travailler dans une usine d’armement. Au fil des pages, on frémit face à l’horreur d’une industrialisation débridée, mais surtout face au désespoir d’hommes exploités et réduits au silence. Et l’on s’émerveille de la beauté des paysages, de l’immense richesse spirituelle et de l’humanité, malgré tout, de bon nombre de femmes et d’hommes.

En un mot comme en mille, Au loin, une montagne (éditions Steinkis, 2019) un chef-d’œuvre. Et vous pouvez venir vous le faire dédicacer à La Géosphère : ne manquez pas cette occasion exceptionnelle !

Pour être sûr-e d’avoir votre exemplaire dédicacé,
vous pouvez venir le pré-commander à la librairie.

Exemples de dédicaces :