Rencontre avec Colin Niel

Jeudi 22 novembre, 19h30
au Centre culturel Lacordaire
6, rue des Augustins

Auteur de polars, Colin Niel a travaillé en Guyane à la création du Parc amazonien durant plusieurs années.

♥ À La Géosphère, nous avons dévoré, avalé, adoré Sur le ciel effondré, son nouveau polar guyanais aux Éditions du Rouergue ! Des ambiances de jungle, des personnages hauts en couleurs, un style littéraire d’une formidable richesse, et surtout une intrigue menée tambour battant (nuits blanches garanties !) ♥

Conférence-dédicace, avec tirage au sort de notre jeu-concours (à découvrir en vitrine dès à présent)

Gratuit, sur réservation par mail ou par téléphone

Les coups de cœur de Magali

Roman
À ce point de folie, Franzobel, traduit de l’allemand (Autriche) par Olivier Mannoni (Flammarion, 2018)
Avant d’être un radeau de triste réputation, La Méduse était une fière frégate qui, en 1816, devait naviguer jusqu’au Sénégal. Sauf que le capitaine n’avait pas mis les pieds sur un bateau depuis un quart de siècle… Et ce qui devait arriver arriva : la fière frégate fit naufrage. Le fameux radeau accueillit 150 personnes, dont seules 15 en réchappèrent, grâce à des pratiques anthropophages qui firent scandale à l’époque et restent troublantes aujourd’hui.
On a beau connaître toute cette histoire, du moins dans ses grandes lignes, Franzobel réussit le tour de force de nous tenir en haleine pendant quelque 500 pages. Et il arrive même à nous faire rire, parsemant son roman d’anachronismes et de détails cocasses. Pourtant, toute cette histoire n’est pas amusante… Il s’agit ici de la folie humaine, et pas seulement celle qui pousse à dévorer des cadavres, mais aussi celle qui rend l’ambition et les hiérarchies plus importantes que la compassion et la solidarité. Un roman exceptionnel, dans une traduction absolument remarquable.

Beau-livre
Éthiopie, Éric Lafforgue (Elytis, 2018)
Éric Lafforgue ne prend pas de simples photos : il capte les regards. Dévoile les personnalités. Plonge au cœur de mondes oubliés. L’Éthiopie qu’il nous donne à voir est celle des gens qui la peuplent, avec leurs parures ancestrales, ponctuées d’accessoires « made in China » ; leurs corps nus soulignés de peintures et scarifications comme autant d’œuvres vivantes ; et surtout leurs incroyables cérémonies comme le « Kael », lors duquel les hommes bodis doivent grossir le plus possible pour attirer sur eux admiration et mariages heureux. Fabuleux !

Roman
Avec un peu de chance, Julianne Pachico, traduit de l’anglais (États-Unis) par Séverine Weiss (Plon, 2018)
Voici un superbe roman polyphonique et déroutant. Chaque chapitre étant centré sur un personnage différent, trouver ce qui les lie relève parfois du jeu de piste de haut vol !
L’écriture de Julianne Pacchico, incroyablement inventive, retranscrit avec vivacité le terrible chaos d’un pays sous l’emprise des narcotrafiquants. Et cette jeune auteure américaine n’hésite pas à manier un humour un peu grinçant, ce qui ne gâche rien ! Brillant !

Les coups de cœur d’Anne

Roman
Continuer, Laurent Mauvignier (éditions de Minuit, 2016, 2018 pour la version poche)
Le Kirghizistan, ou la dernière carte que joue Sibylle pour sauver son ado de fils. Son projet : une randonnée équestre à travers steppes ; ou bien est-ce une cavale – la fuite extraordinaire d’une femme brisée et d un garçon égaré ? Mauvignier sonde les méandres de l’âme avec justesse, simplicité et poésie, et fait de Continuer un voyage vertigineux, un western grinçant, une quête éprouvante et cruelle. Un immense coup de cœur… dont on ne sort pas indemne !

Roman
Ne m’appelle pas Capitaine, Lyonel Trouillot (Actes Sud, 2018)
Riche « Blanchette », apprentie journaliste, Aude enquête sur le passé de Morne Dédé. Dans ce quartier de Port-au-Prince en déshérence, elle va croiser la route de personnages singuliers. Parmi eux, l’acariâtre Capitaine, ancien professeur d’arts martiaux au charisme grinçant et au verbe chantant.
La langue de Trouillot est fluide et fantasque. Elle nous entraîne dans le marasme des ruelles délaissées, dans l’histoire complexe d’une île au mille inégalités et nous interroge sur la notion de libre-arbitre. Un dialogue étourdissant !

Bande dessinée
Mon Traître, dessin de Pierre Alary, scénario de Sorj Chalandon (Rue de Sèvres, 2018)
Dès la préface, Sorj Chalandon annonce la couleur : « Voici l’Irlande et sa terrible beauté. (…) les rues sombres, la brique, l’injustice, les trognes magnifiques, la pluie, la nuit des opprimés. »
Anne : « À cette liste, j’ajouterais les aplats rouges, verts et jaunes – autant d’éclats d’humanité dans la grisaille de la guerre ; la finesse du trait. Et puis les mots, les mots de Chalandon : économes, rêveurs et toujours chargés d’émotions. »

Coups de coeur du moment

Roman
Dans la forêt, Jean Hegland (Gallmeister, 2018)
Alors que la civilisation s’effondre, Nell et Eva, 17 et 18 ans, trouvent refuge dans la forêt qui a bordé, effrayé et fasciné leur enfance. Réapprendre à vivre, sans électricité, sans essence… Et sans parent. Se libérer des acquis, ressusciter l’instinct, revenir à la terre, apprivoiser son corps, circonscrire le savoir. Si la trame de cette dystopie peut parfois sembler facile, le ton est juste, le propos fin et les personnages ciselés.

Beau-Livre
L’Iceberg rouge, Jean Villemin (Magellan & Cie, 2018)
L’iceberg rouge ressemble à Moby Dick : légendaire et redouté. Taché, dit-on, de la peinture du Titanic, il porte malheur à qui croise sa route. Cet ouvrage épaissit le mystère, dans les brumes évocatrices des encres de Jean Villemin. Un magnifique album pour les grands enfants que nous sommes !
Plus d’infos sur L’Iceberg rouge >>

Récit
Ambiance Kinshasa, Victor Muller (Transboréal, 2018)
Kinshasa, alias « Kin la Belle », regorge de gens fascinants et de situations étonnantes, même si la misère, la corruption et l’insécurité sont le lot de beaucoup. C’est avec un regard aiguisé et un incontestable talent de conteur que Vincent Muller nous raconte la capitale congolaise. Une quinzaine de courts récits, où il est question de concours de danse acrobatique, d’enfants des rues, d’impasses piégées, ou encore d’animisme christianisé. Vivant et passionnant !
Plus d’infos sur Ambiance Kinshasa >>

Article du Midi Libre : le « Top 5 » des lectures de l’été !

Le Midi Libre a proposé à tous les libraires indépendants de Montpellier de sélectionner cinq livres pour l’été. Voici donc la sélection de La Géosphère, à retrouver dans l’édition du 29 juin !

Un cargo pour les Açores de Jean-Yves Loude (Actes Sud 2018) : un récit de voyage, à la rencontre des gens et de leur histoire

Le mot de la libraire : « Les ouvrages sur l’archipel des Açores sont rares, et celui-ci est particulièrement réussi, mêlant récit de voyage et autofiction. Jean-Yves Loude s’est rendu sur les neuf îles, en quête d’anecdotes historiques et individuelles. J’ai été fascinée, entre autres, d’apprendre que l’île de Santa Maria avait connu son heure de gloire lorsque son aéroport permettait aux avions d’effectuer une escale lors de leurs traversées transatlantiques. Époque fastueuse aujourd’hui révolue… »

La Tresse de Laetitia Colombani (Grasset 2017, LGF 2018) : le destin de trois femmes sur trois continents

Le mot de la libraire : « À mes yeux, ce roman célèbre le courage des femmes partout dans le monde. Qu’il s’agisse de Giulia, la Sicilienne confectionnant des perruques à partir de vrais cheveux, Sarah, l’avocate canadienne qui affronte la maladie autant qu’elle a lutté contre le machisme de son métier, ou encore Smita, l’Indienne intouchable prête à tout pour offrir à sa fille un avenir meilleur, toutes trois ne s’avoueront jamais vaincues face aux difficultés. Peu à peu, leurs histoires se tressent les unes aux autres… »

Tokyo des ténèbres de Viviane Moore (Elytis 2008) : polar dans le milieu trouble des otaku, les monomaniaques japonais

Le mot de la libraire : « Ici, l’enquête policière fait presque figure de prétexte pour présenter deux groupes marginaux au Japon. On côtoie d’une part les otaku, ces personnes qui vivent sans sortir de leur chambre pendant des années, tant elles sont obsédées par une passion (jeux vidéos, figurines de mangas…) D’autre part, on découvre des exclus moins connus, les burakumin, qui sont en quelque sorte les descendants des parias de l’époque féodale ; ils vivent dans des quartiers ghettoïsés et, comme les Dalit en Inde, ne peuvent exercer que certains métiers considérés comme dégradants. Un polar fascinant, bien documenté et bien ficelé ! »

Mécanique d’un homme heureux de Dario Jaramillo Agudelo (Yovana 2017) : un homme raconte comment il a tué sa femme…

Le mot de la libraire : « En février dernier, nous avions eu le plaisir de rencontrer Laurence Holvoet, la traductrice de ce roman colombien à multiples facettes, à la fois léger et mordant, sans concession envers la haute société de Bogotá. Le narrateur, Tomás, n’y va pas par quatre chemins : il a enfin trouvé la voie du bonheur depuis qu’il a assassiné son épouse, Regina, qui tenait la maisonnée d’une main de fer. À la lecture, j’ai navigué entre compassion et indignation, rire et réflexions sur le temps qui passe – et surtout, je n’ai pas pu lâcher le livre tant que j’ignorais comment Tomás s’y était pris pour supprimer son dragon d’épouse (secret qu’il ne révèlera bien entendu que très tard…).  »

Groenland vertigo de Tanquerelle (Casterman 2017) : une bande-dessinée récit de voyage, clin d’œil à Hergé pour le dessin

Le mot de la libraire : « Quand Tanquerelle reçoit la proposition de participer à une expédition artistique en bateau au Groenland, il accepte avec quelques hésitations : il n’aime pas les voyages et il croit être sujet au mal de mer. C’est finalement avec une bonne dose d’autodérision et un sens aigu de l’observation qu’il nous raconte cette aventure, dans laquelle l’écrivain Jørn Riel (ou son double) joue un rôle truculent. Cette BD vous emmène dans le Grand Nord, mais elle regorge de chaleur humaine, d’autant que ses héros sont pour la plupart… totalement incapables de garder leur sang-froid ! »

Retrouvez dans l’article en ligne
tous les conseils de lecture
de mes collègues libraires à Montpellier !

Photo de Michel Pieyre, Midi Libre

Coups de cœur Australie

Le vendredi 16 juin, La Géosphère proposera une sélection de livres sur l’Australie lors du prochain ApéroVoyageurs organisé par Explore le Monde.
Voici quelques coups de cœur !

Bande dessinée
Terra Australis, scénario de Laurent-Frédéric Bollée, dessin de Philippe Nicloux (Glénat, 2013)
À la fin du XVIIIe siècle, l’Angleterre décide de déporter par centaines ceux qu’elle considère comme indésirables — bagnards, condamnés, prisonniers. Leur destination : l’Australie, terre lointaine, sauvage et inconnue. Ces hommes, femmes et enfants déracinés transformeront finalement leur condamnation en chance, l’opportunité de débuter une nouvelle vie.
Pour une histoire incroyable, il ne fallait pas moins qu’une BD tout aussi incroyable, de plus de 500 pages, aux superbes lavis.
Et pour les mordus, il y a même un deuxième tome ! (Terra Doloris, Glénat, 2018)

Nouvelles
Le Koala tueur et autres nouvelles du bush, Kenneth Cook (LGF, 2011)
L’Australie, on le sait, est le pays des animaux sympas : araignées piqueuses, méduses tueuses, serpents mortels, crocodiles affamés… Alors pourquoi le koala ferait-il exception à cette règle ? Kenneth Cook en témoigne : cette peluche sur pattes n’est pas si mignonne qu’elle en a l’air, loin de là !
Des nouvelles pétries d’humour noir, dans les milieux malfamés du bush australien, parmi des personnes pas toujours recommandables.

Jeunesse
Le Petit Sorcier de la pluie, texte de Carl Norac, illustrations d’Anne-Catherine De Boel (École des Loisirs, 2004)
Dans le désert australien, Petite-Pluie, un enfant au nom prédestiné, cherche une solution à l’impitoyable sécheresse qui s’est abattue sur la région. Sa ténacité, son inventivité, mais aussi sa spiritualité, viendront à bout du mystère de la pluie. Un magnifique album, en grand ou petit format, entrecoupé d’illustrations d’inspiration aborigène aux couleurs extraordinaires !

Et aussi le magazine Cram-Cram consacré à l’Australie !

Le 16 juin, retrouvez tous ces livres,
et bien d’autres !

Ce samedi 21 avril, lecture-spectacle autour du Laos

C’est à 20h à la salle Lacordaire (6 rue des Augustins).
Entrée gratuite, sur réservation

Olivier Ka, auteur prolifique pour enfants et adultes, mais aussi scénariste et dessinateur de bandes dessinées, racontera son périple au Laos, pays qu’il a sillonné pendant deux mois. Cette aventure le nez au vent a donné lieu à un joli petit livre de textes et croquis, Lost in Laos, à paraître aux éditions Elytis en mai (disponible dès à présent à La Géosphère).

Pour son spectacle, l’auteur offrira une lecture d’extraits de l’ouvrage, agrémentée d’une projection de croquis et d’une bande-son qui nous plongera dans une ambiance dépaysante.

Échanges et dédicaces avec l’auteur à l’issue du spectacle.
Tout public, à partir de 12 ans.
Bande-annonce >>

Coups de cœur du moment

Récit
Revenir, Jean-Luc Raharimanana (Rivages, 2018)
Véritable patchwork littéraire, Revenir effectue de multiples va-et-vient dans le temps et l’espace. Il y a l’enfance, que l’auteur a passée dans un Madagascar fraîchement indépendant, aux côtés de parents engagés qui, entre autres, organisaient dans leur quartier des projections de westerns et de Charlie Chaplin. Il y a aussi, plus tard, de nombreux voyages en Afrique et en Europe, qui donnent lieu, par exemple, à un témoignage frappant sur le génocide rwandais. Et il y a encore les rivages mystérieux de l’amour, qui inspirent à Raharimanana des pages d’une poésie presque abstraite. Ce récit autobiographique écrit à la troisième personne évoque, quasiment pêle-mêle, l’importance des figures parentales, les paradoxes de la « malgachisation », les tabous (fady) de la Grande Île, souvent liés à d’incroyables mythes, et tous ces moments de douleur et de lumière qui forgent l’enfance. On sent le rouge de la terre et le vert des rizières dans ce texte qui en dit long sur l’histoire de Madagascar.

Jeunesse
Neigeline, texte de Li Lamarre, illustrations d’Odile Santi (éditions Courtes et Longues, 2018)
Vous en avez assez de la neige et du froid ? Peut-être, mais cela ne vous empêchera pas de tomber sous le charme de cette petite boule de neige avide d’aventures et d’horizons nouveaux ! Elle roule en bas de sa montagne et, les jours passant, découvre des animaux tout aussi curieux qu’elle, lagopède ou marmotte, tandis que la nature s’éveille, peu à peu, sous un soleil qui incite crocus et gentianes à parsemer la prairie de leurs couleurs éclatantes. La fin de l’histoire, vous la pressentez, mais n’ayez crainte : elle est très douce, très sereine, et peut amener les enfants à vous poser ces fabuleuses questions existentielles dont ils ont le secret. Des images magnifiques, dignes d’ouvrages naturalistes, soulignées par un texte tout simple et très juste.
À partir de 4 ans

Bande dessinée
Rotterdam, un séjour à fleur d’eau, Emmanuel Lemaire (Delcourt, 2016)
Il fallait l’oser, Emmanuel Lemaire l’a fait : présenter en bande dessinée une ville dont peu de monde vante la beauté. Nous avons nommé Rotterdam ! Amené par le travail de sa compagne à y passer quelques mois, l’auteur se prend au jeu de raconter son séjour entre polders, vélos et tulipes. Le trait noir sur blanc, plein de vivacité, et l’humour avec lequel il présente cette ville et les gens qu’il y rencontre, font de cette bande dessinée une lecture aussi agréable que dépaysante. Une première étape avant de vous envoler voir tout cela de vos propres yeux ? À la belle saison, sachez-le, il y a des vols directs depuis Montpellier…
Quelques pages à feuilleter en ligne ici >>

Retrouvez tous les coups de cœur de La Géosphère en suivant ce lien >>

Cap-Vert et île de Mozambique

Rencontre avec Jordane Bertrand
autour de l’île de Mozambique et du Cap-Vert

le vendredi 30 mars à 19h30

L’auteure du Dictionnaire insolite du Cap-Vert (Cosmopole, 2016) et de Cette petite île s’appelle Mozambique (Transboréal, 2016) nous convie à découvrir des îles africaines parfois méconnues, carrefours de cultures et terres de métissages, témoins de l’incroyable épopée maritime portugaise.

Gratuit, sur réservation