Récits / Essais

Revenir, Jean-Luc Raharimanana (Rivages, 2018)
Véritable patchwork littéraire, Revenir effectue de multiples va-et-vient dans le temps et l’espace. Il y a l’enfance, que l’auteur a passée dans un Madagascar fraîchement indépendant, aux côtés de parents engagés qui, entre autres, organisaient dans leur quartier des projections de westerns et de Charlie Chaplin. Il y a aussi, plus tard, de nombreux voyages en Afrique et en Europe, qui donnent lieu, par exemple, à un témoignage frappant sur le génocide rwandais. Et il y a encore les rivages mystérieux de l’amour, qui inspirent à Raharimanana des pages d’une poésie presque abstraite. Ce récit autobiographique écrit à la troisième personne évoque, quasiment pêle-mêle, l’importance des figures parentales, les paradoxes de la « malgachisation », les tabous (fady) de la Grande Île, souvent liés à d’incroyables mythes, et tous ces moments de douleur et de lumière qui forgent l’enfance. On sent le rouge de la terre et le vert des rizières dans ce texte qui en dit long sur l’histoire de Madagascar.

Le Grand Marin, Catherine Poulain (Point Seuil, 2017)
C’est en Alaska qu’elle s’en va, pour s’embarquer sur un bateau de pêche. Pourtant, elle n’est pas plus haute que trois pommes, et mince comme une enveloppe. Mais opiniâtre, ça oui ! Et malgré tout, pas plus courageuse qu’une autre, elle a la trouille chevillée au corps… Catherine Poulain nous raconte une histoire vraie, la sienne, dans une langue sans fioritures, âpre comme le sel qui a rongé ses mains durant les interminables nuits de pêche.