Bandes dessinées

Rotterdam, un séjour à fleur d’eau, Emmanuel Lemaire (Delcourt, 2016)
Il fallait l’oser, Emmanuel Lemaire l’a fait : présenter en bande dessinée une ville dont peu de monde vante la beauté. Nous avons nommé Rotterdam ! Amené par le travail de sa compagne à y passer quelques mois, l’auteur se prend au jeu de raconter son séjour entre polders, vélos et tulipes. Le trait noir sur blanc, plein de vivacité, et l’humour avec lequel il présente cette ville et les gens qu’il y rencontre, font de cette bande dessinée une lecture aussi agréable que dépaysante. Une première étape avant de vous envoler voir tout cela de vos propres yeux ? À la belle saison, sachez-le, il y a des vols directs depuis Montpellier…
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Mangeur de feu, Gérald Gorridge (Les enfants rouges, 2016)
Entre documentaire et récit onirique, cette bande dessinée au délicieux fumet nous emmène jusqu’au fond d’un bol de soupe vietnamienne, là où sont tombés les derniers grains de poivre qui laisseront sur la langue leur parfum exotique. Étonnant mystère que l’origine du Phở, dont le nom n’existait pas avant l’arrivée des colons français ! Plusieurs versions de l’histoire ont cours, chacune est déclinée ici, donnant l’eau à la bouche tout en offrant un joli aperçu du Vietnam, avec toute la fantaisie de Gérald Gorridge. Voilà qui donne envie de courir s’attabler dans un bon restaurant !
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L’Hôte, Jacques Ferrandez, d’après une nouvelle d’Albert Camus (Gallimard, 2009)
Dans une école perdue au beau milieu d’un paysage aride, un instituteur français apprend aux écoliers algériens la grammaire française et le tracé des fleuves de l’Hexagone. La guerre d’Algérie couve : un matin de neige, un policier amène un prisonnier à l’instituteur, charge pour ce dernier de le conduire au commissariat le plus proche. L’absurde des situations de guerre et l’humanité de ceux qui, à leur échelle, s’y sont opposés, sont superbement rendus par des dialogues laconiques et des planches laissant la part belle aux paysages minéraux.