L’oragé

Douna Loup

Mercure de France

  • 22 septembre 2015

    le pacte des poètes

    « L’oragé ». Un titre de roman qui claque et étincelle. Du verbe désuet « orager» : troubler en forme d’orage. Dans l’épure d’un seul mot tout est dit de la puissance poétique de ce roman où la langue ou plutôt les langues – le français et le malgache - vont se déployer, gorgées d’une sève qui capturent l’essentiel des sentiments, des questionnements autour d’un pacte de création entre deux immenses poètes de la grande île de Madagascar au début du 20e siècle:  Jean-Joseph Rabearivelo, premier écrivain Hova d’expression française, considéré comme le premier poète africain moderne, et Esther Razanadrasoa, dite Anja-Z.

    Ce roman inspiré de ces deux figures majeures de la littérature malgache se passe à Antananarivo et les suit entre 1907 et 1924. Madagascar est alors une colonie française, où le malgache est une langue méprisée par les colons car elle est, selon eux, celle qui convient à des primitifs à peine civilisés. Rabe est un jeune garçon né de père inconnu, issu d’une grande famille noble désargentée. Il vit de peu en dessinant de la dentelle puis « à la cuisse des mots il va gaver ses jours » en écrivant poèmes et feuilletons. Le français lui sert à dire et le malgache à ressentir.

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