La femme qui s'est éveillée, Une histoire afghane

Solène Chalvon-Fioriti

Flammarion

  • par (Libraire)
    7 avril 2022

    Un coup de poing au plexus

    💔 Certains livres vous font l'effet d'un coup de poing au plexus. Le genre de texte qui vous laisse sans voix, les bras ballants. Dans "La femme qui s'est éveillée", la scène d'ouverture – rude, très rude – y est pour beaucoup : dans les toilettes de l'université de Kaboul, un avortement est en train de mal tourner. Le hasard a voulu que Solène Chalvon-Fioriti, jeune journaliste française, se trouve sur place au même moment. C'est ce jour-là qu'elle se lie d'amitié avec Layle, jeune Afghane au regard sévère dont le courage hors norme, très vite, l'impressionne. Car il faut en avoir, du courage, pour gérer un réseau clandestin de distribution de pilules abortives, dans un pays où l'avortement n'est autorisé que dans de rarissimes cas, jamais sans l'accord du chef de famille.
    💔 Ce qui fait la force de "La femme qui s'est éveillée", c'est que ce livre va bien au-delà du témoignage journalistique. Solène Chalvon-Fioriti y brosse le portrait bouleversant de Layle, une personnalité extraordinaire qui aurait pu trouver sa place dans une société plus ouverte, moins suspicieuse vis-à-vis des femmes libres. Elle questionne aussi le métier de grand reporter, qu'elle pratique avec une conviction contagieuse malgré les embûches et les dérives auxquelles elle est confrontée au quotidien. Et elle offre une magnifique déclaration d'amour à l'Afghanistan, pays qui, malgré la sauvagerie de certaines pratiques, malgré les atrocités d'une guerre sans fin, malgré le désespoir qui pousse tant de réfugiés sur les routes, continue de composer des landays, poèmes d'amour et de résistance aussi courts que saisissants : "Donne-moi la main mon aimé et partons dans les champs / Pour nous aimer ou tomber ensemble sous les coups de couteau".