Près de la mer

Abdulrazak Gurnah

Denoël

  • 8 février 2022

    Zanzibar

    Le nom de l’île ne sera jamais dévoilé, mais au fil du texte, nous devinons qu’il s’agit de Zanzibar, autrefois anglaise puis devenu indépendante, en face de la Tanzanie.
    J’ai aimé découvrir ce vieil homme qui atterrit à Londres sans visa et qui demande l’asile politique que permet l’ancien pays colonisateur.
    J’ai aimé la seconde partie où nous suivons la vie de Latif, jeune homme de Zanzibar, ancien voisin du vieil homme avec qui sa famille a eu des démêlés ; son exil en RDA pour faire des études supérieures, sa fuite en Angleterre où il a pris un autre nom.
    J’ai aimé Rachel, même si on la voit peu, qui se démène pour que le vieil homme Rajab Shaaban trouve ses marques dans son nouveau pays.
    Les deux hommes se rencontrent et se racontent, levant les voiles d’incompréhensions qui pesaient sur leurs rapports et éteignant la colère.
    J’ai aimé les leitmotivs : Bartelby qui préférerai ne pas ; le jeune Latif qualifié de moricaud hilare ; les citations empruntés aux classiques anglais ; le besoin de propreté comme une névrose.
    Un roman qui berce, même si certaines actions ne sont pas très belles moralement.
    Un récit qui montre qu’il faut savoir se détacher de certains objets, des êtres chers, pour continuer d’avancer vers les belles rencontres.
    Une écriture magnifique que je découvre avec ravissement.
    Les images que je retiendrai
    Celle du coffret de ud-al-qamari et ses senteurs de gomme parfumée que le douanier lui retire à l’aéroport et qu’il ne retrouvera jamais.
    Disparait aussi le petite table d’ébène sujet de la discorde entre les deux familles.

    https://alexmotamots.fr/pres-de-la-mer-abdulrazak-gurnah/


  • par (Libraire)
    11 janvier 2022

    Près de la mer raconte l'histoire de Saleh Omar, 65 ans, un marchand réfugié de Zanzibar qui demande l'asile en Angleterre. À son arrivée à l'aéroport de Gatwick, Omar présente un faux passeport appartenant à son cousin éloigné et le plus détesté, Rajab Shaaban Mahmud. Conseillé de ne pas montrer qu'il connaît l'anglais, il simule l'incompréhension à son assistante sociale, Rachel Howard, jusqu'à ce que des circonstances inconfortables l'obligent à parler. En attendant, Rachel contacte l'expert anglais en kiswahili, Latif Mahmud, qui se trouve être le vrai fils de Rajab Shaaban. Forcément, les deux hommes se retrouvent dans une petite ville balnéaire anglaise.
    Récit sur la tragédie du monde postcolonial anglais mais aussi sur une histoire familiale autour de l'exil par l'auteur du Prix Nobel 2021.


  • par (Libraire)
    14 décembre 2021

    En tant que libraire on se sent forcément un peu idiot quand le nom de celui qui a gagné le prix Nobel de littérature n'est pour nous que celui d'un illustre inconnu. Quand on apprend que lui-même a cru à un canular quand il a entendu la nouvelle de sa nomination, on ne peut s'empêcher d'éprouver instinctivement une certaine tendresse pour ce mystérieux écrivain originaire de Zanzibar.
    Pour l'occasion, les Editions Denoël rééditent deux de ces trois romans traduits en français, de quoi assouvir notre curiosité. Et là le miracle se produit et c'est avec une infinie reconnaissance que nous saluons tant l'éditeur que le jury du Nobel qui a mis la lumière sur un écrivain extraordinaire. J'ai eu le bonheur dans l'immédiat de lire "Près de la mer" qui raconte la vie tumultueuse d'un réfugié tanzanien de 65 ans. C'est magnifique, émouvant, profond et écrit dans une langue absolument sublime, d'une poésie rare. Abdulrazak Gurnah fera désormais partie des découvertes incomparables qui prouvent que la littérature a le pouvoir merveilleux de rendre heureux.