Mon père et ma mère

Mon père et ma mère

Aharon Appelfeld

Éditions de L'Olivier

  • par (Libraire)
    7 mars 2021

    Un livre marqué par la grâce

    1938. Sur les rives de la rivière Pruth, au pied des Carpates, la petite bourgeoisie juive de la ville de Cernowitz passe quelques semaines de vacances, les dernières avant la catastrophe. Ce sont des souvenirs de son enfance que l'auteur évoque ici, mais le projet est bien plus ambitieux. Dans les très belles pages qui ouvrent le livre (son dernier, posthume), Aharon Appelfeld expose le lien profond qui existe, selon lui, entre l'enfance et la création littéraire : « L’ébahissement attentif de l'enfant ôte immédiatement la poussière recouvrant les années, les visions et les êtres, qui se tiennent alors devant vous comme si vous les découvriez pour la première fois, et vous implorez de tout votre cœur que cette grâce ne s'achève jamais ». « Mon père et ma mère » est un livre marqué par la grâce. Galerie de portraits hauts en couleur aussi bien qu'empreints de tragique, réflexions tantôt naïves tantôt d'une terrible lucidité sur ce que l'enfant observe. Le titre du livre, « Mon père et ma mère » renvoie à une formule qui a de nombreuses reprises débute la phrase, comme une sorte d'incantation. Car ce qu'observe l'enfant c'est aussi le regard que portent ses parents sur le monde, celui sceptique et désabusé de son père, et celui empreint d'indulgence et de générosité de sa mère, deux regards qui construiront le sien propre, celui d'Aharon Appelfeld, celui du grand écrivain que l'enfant est devenu.
    Le texte, merveilleusement traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti (traductrice d'Appelfeld pour tous ses livres, depuis 2004), miroite comme les eaux de la rivière qui fascinent l'enfant, texte tout à la fois limpide et mystérieux, lumineux et teinté d'une sombre inquiétude. La beauté de l' écriture n'est pas le moindre des charmes de ce livre, point final de l’œuvre majeure qu'aura été celle d'Aharon Appelfeld.

    Jean-Luc


  • 13 octobre 2020

    A la fin des années 1930, Erwin, qui passe un dernier été avec ses parents au cœur de la Bucovine, entre plaine et montagnes.
    Elevé par un père rationaliste et une mère pieuse et empathique, l'enfant développe une vive sensibilité au monde qui l'entoure. Malgré l'hostilité des habitants et la menace de la guerre, la petite communauté juive locale profite de sa villégiature. Elle étale à la vue de l'enfant ses petits et grands maux, ses névroses et ses éclats comme autant de symptômes d'un monde en plein effondrement.
    Une magistrale variation sur la mémoire, l'enfance et l'identité, et la chronique poignante d'une catastrophe annoncée.


  • par (Libraire)
    8 octobre 2020

    Tout simplement juste.

    Dans ce profond et splendide roman, Aaron APPELFELD nous raconte les souvenirs d'Erwin, qui à la veille de la Seconde Guerre mondiale a 10 ans. Dans les Carpates, au sein de la communauté juive, il va vivre accompagné de ses parents, ses dernières vacances d'été avant le début de la catastrophe. Période confuse ou l'antisémitisme environnant vient troubler la quiétude estivale, le jeune Erwin tente d'évaluer la situation et essaie de comprendre les actes et réactions de tous ceux qui l'entourent.