Nos coups de cœur

Récit
Samouraïs dans la brousse, Guillaume Jan (éditions Paulsen, 2018)
Sous l’incroyable plume de Guillaume Jan, la brousse congolaise surgit soudain dans votre salon : la végétation devient exubérante, les insectes se mettent à bourdonner à vos oreilles, et vous voilà embarqué-e aux côtés de l’écrivain-voyageur, sur les traces de Takayoshi Kano. Destinée fascinante que celle de ce chercheur japonais ! Il a passé une grande partie de sa vie à observer les bonobos, convaincu que leur comportement nous en apprendrait beaucoup sur le nôtre. C’est ce que nous raconte Guillaume Jan. Mais pas seulement. On apprend une foule d’anecdotes sur l’ex-Zaïre, sur les primates et leur évolution… Et l’auteur nous livre aussi son propre voyage – pluies diluviennes, bateau douteux, administrations en lambeaux, sans oublier les émerveillements parfois mêlés de fatigue. Le tout, dans un texte à l’image de la brousse : éblouissant, foisonnant, étourdissant. Et surtout, passionnant !

Roman
La Transparence du temps, Leonardo Padura, traduit de l’espagnol (Cuba) par Elena Zayas (éditions Métailié, 2019)
Ex-flic bougon, libraire indigent, nostalgique indécrottable et scribouillard à ses heures, on est toujours ravi de recevoir des nouvelles de Mario Conde. Inventé en 1991 par l’écrivain cubain Leonardo Padura, ce personnage vieillit. Dans ce nouveau roman, il parcoure pourtant sa Havane d’un pas encore vaillant, à la recherche d’une statue miraculeuse : une Vierge noire pour le moins mystérieuse. Cette nouvelle enquête est l’occasion d’une plongée dans le monde frauduleux du marché de l’art et d’une description terriblement contemporaine de l’île aux mille inégalités. Conde déclinant n’a rien perdu de sa superbe : entouré d’une clique fidèle et de Basura II, son molosse dévoreur de hamburgers, il déjoue les faux-semblants et disserte sur la vie et l’inexorable passage du temps. On sourit, on compatit, on voyage – et peut-être même qu’on mûrit, nous aussi.

Beau-livre
Oiseaux entre garrigues et Méditerranée, Christian Philipp (Les Écologistes de l’Euzière, 2018)
On n’ose imaginer le nombre d’heures que Christian Philip a passées pour photographier 58 espèces d’oiseaux de notre région. Pour parvenir à capter un pouillot véloce en pleine chasse au moucheron, le décollage aquatique d’une foulque macroule ou un héron cendré en train de transporter une brindille presque aussi longue que lui – il faut avoir une patience d’ange ou d’amoureux. Au plaisir d’admirer des images remarquablement composées s’ajoute le régal d’apprendre une foule de détails au sujet des habitudes de ces oiseaux. Et quel ébahissement, de constater que ces petites (et grandes) merveilles à plumes peuvent s’observer tout près de chez nous !

Jeunesse
La Toute Petite Olga, textes d’Olivia Godat, illustrations de Raphaëlle Barbanègre (La Martinière Jeunesse, 2018)
La toute petite Olga vit dans une datcha à l’orée de la forêt, avec ses quatre sœurs. Ensemble, à l’abri du monde, elles chantent, dansent, rigolent et se régalent de confitures. Seulement voilà, la toute petite Olga rêverait de découvrir la ville. Nullement dissuadée par les craintes de ses aînées, elle disparaît par une nuit d’hiver goûter aux plaisirs fous de la grande cité. Escarpins dorés, folles virées (au Raspoutine Club !), gourmandises insensées, Olga va tout tester… avant de rentrer chez ses sœurs adorées. Une belle histoire très chouettement illustrée, sur le plaisir de grandir et de se faire confiance.
à partir de 4 ans

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