Quelques bons, très bons livres

Roman
La Fuite du temps, YAN Lianke, traduit du chinois par Brigitte Guilbaud (Philippe Picquier 2014, 2017 pour l’édition de poche)
« Les monts qui ondoient comme autant de dos de buffles renvoient une lumière de thé brun ». C’est pour de telles images qu’il faut lire Lianke Yan, auteur atypique qui fut militaire de carrière pendant plus de vingt ans. Il nous conte ici le rude quotidien dans les montagnes des Balou, où l’espérance de vie du village des Trois Patronymes n’excède pas quarante ans. À la lecture, on est saisi par le contraste entre la magnificence de la nature et la dureté des relations humaines, marquées par la rigidité des hiérarchies et des conventions sociales. Ni l’amour, ni la douceur, ni même un semblant de liberté ne parviennent à s’épanouir ici. Pourtant, au fil des saisons, la vie suit son cours. Car la construction d’un canal insuffle l’espoir d’une vie meilleure, et surtout plus longue…
Un texte de toute beauté, porté par une langue (et une traduction !) époustouflante.

Bande dessinée
Mangeur de feu, Gérald Gorridge (Les enfants rouges, 2016)
Entre documentaire et récit onirique, cette bande dessinée au délicieux fumet nous emmène jusqu’au fond d’un bol de soupe vietnamienne, là où sont tombés les derniers grains de poivre qui laisseront sur la langue leur parfum exotique. Étonnant mystère que l’origine du Phở, dont le nom n’existait pas avant l’arrivée des colons français ! Plusieurs versions de l’histoire ont cours, chacune est déclinée ici, donnant l’eau à la bouche tout en offrant un joli aperçu du Vietnam, avec toute la fantaisie de Gérald Gorridge. Voilà qui donne envie de courir s’attabler dans un bon restaurant ! (si vous en connaissez un à Montpellier, dites-le-nous en commentaire…)
Quelques pages à feuilleter en ligne ici >>

Beau-livre
Wax & co – Anthologie des tissus imprimés d’Afrique, Anne Grosfilley (La Martinière, 2017)
Quiconque a voyagé en Afrique le dira : les tissus y sont tous plus extraordinaires les uns que les autres… Quand on s’y intéresse de plus près, on réalise que le fameux wax est une invention que les Hollandais destinaient au marché indonésien. Finalement, c’est en Afrique que ce tissu imprimé trouvera son public, qui le décline en mille couleurs et autant de messages.
Si cet ouvrage passionnant fait la part belle aux photos, le texte n’est pas en reste ; il faut dire que l’auteure, Anne Grosfilley, est anthropologue, passionnée par son sujet depuis l’adolescence. Son récit analyse, explique, mais n’oublie jamais de raconter. Un bonheur pour les yeux et l’esprit !
Pour en savoir plus, c’est ici >>

Retrouvez tous les coups de cœur de La Géosphère en suivant ce lien >>

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